Premium Beauty News - Quelle place occupe l’industrie cosmétique dans l’économie française ?

Alain Grangé Cabane, FÉBÉA

Alain Grangé Cabane, FÉBÉA

Alain Grangé Cabane - En 2010, l’industrie de la cosmétique et du parfum demeure, par son excédent commercial, le troisième secteur exportateur en solde "net" [1] en France (hors armement militaire), derrière la construction aéronautique-spatiale et les boissons. Ces excellents résultats sont, entre autre, dus à l’attractivité des produits français, reconnus pour leur sécurité et leur qualité, ainsi que pour l’innovation qu’ils représentent.

Premium Beauty News - Le blocage des enregistrements en Chine a-t-il eu des conséquences économiques majeures pour les entreprises françaises ?

Alain Grangé Cabane - En effet, les conséquences pour les entreprises qui exportent en Chine sont importantes. Le blocage des enregistrements, qui a commencé le 1er avril 2010, pèsera sur les chiffres d’affaires 2011, voire 2012, dans la mesure où les exportations vers la Chine n’ont pas encore pleinement repris.

Premium Beauty News - Même si la situation se débloque doucement, reste-t-il des points d’ombre réglementaires préoccupants pour les entreprises qui exportent vers la Chine ?

Alain Grangé Cabane - En effet, la situation est toujours préoccupante. Les renouvellements d’autorisation pour les produits déjà sur le marché, dont la validité d’enregistrement arrive à expiration (la validité est de 4 ans), reprennent à un rythme régulier. Il en est de même pour les produits dits "sans fonction" (gel douche, shampoing…), par opposition aux produits dits "à fonction spécifique" (solaire, déodorant, amincissant…) selon la réglementation chinoise.

Pour les nouveaux produits et certains des produits dits "à fonction spécifique" (par ex. produits bébés ou femmes enceintes), la situation reste critique, dans la mesure où la notion de "nouvel ingrédient" n’est pas clarifiée à ce jour, impliquant que les dossiers d’enregistrement de ces produits soient toujours refusés.

Premium Beauty News - Quels sont les marchés les plus porteurs pour l’exportation des produits français ? Quelles sont les zones les plus prisées par les entreprises ?

Alain Grangé Cabane - L’Europe demeure la principale zone d’exportation puisqu’en 2010 elle représente 64% des ventes françaises : 53% de nos exportations sont destinées aux pays de l’Union européenne (avec une croissance de +3,8%), et 11% en Europe hors Union européenne.

La meilleure performance de 2010 revient à la zone Amérique Latine, puisque nous notons une progression de +24,5% des exportations. La progression très forte du Brésil (+40%) est une bonne surprise, ainsi que d’une manière générale, celle des autres pays d’Amérique Latine (Uruguay, Mexique, Argentine).

En ce qui concerne les 10 principaux pays "clients" de la parfumerie cosmétique "made in France", ils sont, dans l’ordre : l’Allemagne (traditionnellement leader), le Royaume-Uni, l’Espagne, les USA, l’Italie, la Russie, la Belgique, Singapour, la Suisse et les Emirats Arabes Unis. Notons toutefois que, dans le cas de Singapour, les produits sont majoritairement "en transit" pour repartir vers d’autres pays de la zone Asie.

En conclusion, la reprise générale est nettement perçue par rapport à 2009.

Premium Beauty News - Quels sont les marchés les plus compliqués à pénétrer ?

Alain Grangé Cabane - Nous avons déjà évoqué le cas de la Chine, bien sûr… Autrement, nous pouvons citer le Japon, pour les produits quasi-drugs, les Etats Unis d’Amérique et le Canada pour les produits OTC (Over - the - Counter)/thérapeutiques.

Enfin, nous suivons de près le cas d’Israël, puisque les autorités se sont engagées dans un projet de nouvelle réglementation, qui s’avère être une interprétation maladroite du Règlement européen. Le projet, initialement prévu pour juin 2011, ne serait pas applicable par les entreprises en l’état. La FÉBÉA et la CTPA (Association anglaise homologue de la FÉBÉA) ont immédiatement alerté les autorités israéliennes. La mise en oeuvre a donc été reportée à une date ultérieure et des discussions avec les autorités européennes sont en cours, afin d’expliquer les différences entre le Règlement européen et le projet israélien.

Premium Beauty News - Cela fait bientôt un an que vous avez obtenu la certification iso 9001 pour le management de la délivrance des CVL. Ce sont des procédures longues, en avez vous déjà tiré les fruits ?

Alain Grangé Cabane - Tout à fait. Après un an de travail, nous avons obtenu cette certification qui nous permet de garantir aux exportateurs la qualité de la délivrance des CVL-FÉBÉA, sachant que les CVL sont obligatoires pour l’exportation vers 59 pays. Mais le plus intéressant a été la réaction des autorités des pays demandeurs de CVL. Ils ont fortement apprécié cette démarche et ont félicité la FÉBÉA pour le gage de sérieux qu’elle représente.