Les exportations françaises de cosmétiques et de parfums ont enregistré un léger recul de 0,1% en 2025, atteignant 22,4 milliards d’euros contre 22,5 milliards d’euros sur la même période un an plus tôt. Si le décrochage est moins important ce que laissaient craindre les dix premiers mois de l’année, il s’agit de la première contraction observée depuis la crise financière mondiale de 2008, hors crise sanitaire. Au cours de la dernière décennie, les exportations françaises avaient enregistré une croissance annuelle moyenne d’environ 7%.

Droits américains

Cette rupture de tendance semble principalement liée à l’impact des droits de douane mis en place par l’administration du Président Donald Trump aux États-Unis.

Sous l’effet de ces nouvelles barrières tarifaires et de la dépréciation conjointe du dollar, les exportations françaises de cosmétiques vers les États-Unis ont chuté de près de 19% en 2025, pour atteindre un montant net de 2,4 milliards d’euros soit un recul de 541 millions d’euros en valeur. Selon les chiffres des douanes françaises, la tendance s’est même accentuée au quatrième trimestre avec une baisse de 25% par rapport à la même période de l’année précédente.

Ce décrochage a toutefois été partiellement compensé par le dynamisme des ventes vers d’autres destinations, à commencer par l’Union européenne (+4%) qui a représenté un véritable relai de croissance sur la période. Le poids de l’Union européenne dans les exportations françaises passe ainsi de 51,3 % à 54,3 % (soit 12,1 milliards d’euros en valeur).

Hors Union européenne, la hausse est également marquée aux Émirats arabes unis (+8%) et au Royaume-Uni (+2,9%). La Chine enfin, affiche une évolution légèrement positive (+1,2%), à 1,8 milliards d’euros.

Les shampooings et préparations capillaires poursuivent leur progression (+5,5 %), même si leur poids demeure réduit par rapport à la parfumerie qui reste le principal moteur des exportations françaises (+1,9% à 8 milliards d’euros, soit 36% du total). En revanche, les exportations de maquillage et de soins du visage, qui représentent près de la moitié des ventes à l’international (11 milliards d’euros,) sont en recul (-2,1%).

Dégradation de la balance commerciale

La moindre performance de l’industrie française à l’export s’est accompagnée en 2025 d’une hausse des importations en France (+6% à 5,4 milliards d’euros), sous l’effet des progressions enregistrées en provenance d’Asie (Corée du sud et Chine principalement). Cette évolution entraîne une légère dégradation du solde commercial, qui demeure toutefois largement excédentaire (17 milliards d’euros).

Cette situation contraste avec les bons résultats à l’export de l’industrie sud-coréenne des cosmétiques (en hausse de 12% sur l’année 2025 à l’échelle mondiale) et laisse craindre une perte de compétitivité de l’industrie française des cosmétiques.

« Malgré cette stagnation des exportations totales, le secteur cosmétique français reste confiant du fait des nouvelles opportunités ouvertes à travers les accords de libre-échange, avec l’Inde ou l’Indonésie pour ne citer qu’eux. En dépit du repli sur le marché américain, le secteur fait preuve de résilience. Surtout, l’engagement des marques dans la transition écologique et la désirabilité mondiale de produits cosmétiques français, notamment de parfums, restent des atouts solides », souligne Emmanuel Guichard, délégué général de la FEBEA.