"Le travail avance", c’est "une priorité", tant le sujet "préoccupe" citoyens et États membres, a toutefois assuré la commissaire européenne chargée de l’environnement Jessika Roswall lors d’un rendez-vous avec des agences de presse.
Des boîtes de pizzas aux vêtements, Bruxelles voudrait proscrire ces "polluants éternels" dans les produits de consommation courante. "C’est faisable, l’industrie s’y prépare déjà", a souligné Jessika Roswall. Mais c’est un sujet "difficile", tant les substances sont nombreuses, a-t-elle reconnu, sans confirmer de calendrier.
Avis scientifiques
Avant de proposer un texte, l’exécutif attend deux avis de l’Agence européenne des produits chimiques (l’ECHA), prévus en mars sur l’évaluation des risques des PFAS et fin 2026 sur l’impact socio-économique d’une interdiction dans l’UE.
Un temps évoqué pour la fin 2025 puis pour 2026, la proposition de loi ne sera donc pas sur la table avant la fin de l’année au plus tôt. Et ce ne sera que le coup d’envoi de mois de tractations avec États membres et eurodéputés.
Cosmétiques, ustensiles de cuisine, emballages... : les PFAS sont partout, utilisés pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou leur résistance à la chaleur.
Ces substances chimiques per- et polyfluoroalkylées mettent énormément de temps à se décomposer, d’où leurs surnoms de "polluants éternels". Et elles peuvent avoir des effets délétères sur la santé, avec l’augmentation du taux de cholestérol et de cancers, des effets sur la fertilité et le développement des fœtus...
Bruxelles compte les interdire, mais avec des exceptions pour certains secteurs stratégiques, comme la médecine par exemple, où les PFAS seront toujours autorisés quand il n’y a pas d’alternative. Jusqu’où iront ces dérogations ? C’est tout l’enjeu des négociations en cours avec les industriels, sous le regard inquiet des organisations environnementales.
La France a, quant à elle, pris les devants pour les produits du quotidien. Depuis le 1er janvier, une loi interdit dans l’hexagone l’usage de certains PFAS dans les vêtements, chaussures, cosmétiques et farts pour les skis, avec quelques dérogations pour les textiles et chaussures conçus pour la protection et la sécurité des personnes (défense, protection civile) et les textiles techniques à usage industriel.

























