La pilule est amère et difficile à avaler pour l’industrie française des cosmétiques et des parfums, second contributeur à la balance commerciale du pays après l’aéronautique ! Durement touchées par les droits de douane imposés par les États-Unis, leur premier marché d’exportation, les entreprises du secteur, regroupées sous la bannière de la Fédération des entreprises de la beauté (FEBEA) ont appelé « les autorités françaises et européennes à se mobiliser pour obtenir le retour à 0% de droits ».

Alors que le Parlement européen a validé, le 16 juin 2026, l’accord de Turnberry sur le commerce entre l’Union européenne et les États-Unis, la FEBEA estime que les droits de douane portant sur les marchandises exportées outre Atlantique continuent de représenter « un choc majeur pour l’industrie cosmétique française ».

L’accord du mois de juillet 2025, qui porte le nom de la localité écossaise où se situe un parcours de golf appartenant à Donald Trump, a porté à 15% les droits appliqués aux produits cosmétiques français exportés vers les États-Unis. Ceux-ci avaient finalement été rabaissés à 10% depuis février 2026, mais des droits additionnels sont parfois applicables.

Cette importante concession commerciale a été particulièrement préjudiciable aux exportations françaises. Depuis l’annonce des nouveaux droits de douane américains les exportations françaises de cosmétiques vers les États-Unis ont connu un net ralentissement. Si les États-Unis demeurent le premier marché export de la cosmétique française, avec 2,35 milliards d’euros d’exportations en 2025, les ventes vers ce débouché stratégique ont reculé de 19% sur un an.

« Cette tendance s’est poursuivie au premier trimestre 2026, avec une nouvelle baisse de près de 20% par rapport au premier trimestre 2025 », souligne la FEBEA dans un communiqué.

Au total, la baisse des exportations françaises de cosmétiques vers les États-Unis représenterait déjà près de 800 millions d’euros de pertes d’exportations : 541 millions d’euros en 2025, auxquels s’ajouteraient environ 250 millions d’euros estimés au premier semestre 2026.

« La FEBEA comprend l’importance de placer la relation commerciale entre l’Union européenne et les États-Unis dans un cadre contractuel stable. Mais cette stabilité ne peut pas se traduire par une hausse durable des droits de douane pour un secteur aussi exposé que la cosmétique française. Les signaux d’alerte sont déjà là : les États-Unis restent notre premier marché export, mais les exportations reculent fortement », poursuit Emmanuel Guichard, délégué général de la FEBEA.

En 2025, les exportations françaises de parfums et cosmétiques ont marqué le pas, affaiblies par les droits de douane américains et par la concurrence croissante des fabricants asiatiques, notamment sud-coréens. Il s’agit de la première contraction observée depuis la crise financière mondiale de 2008, hors crise sanitaire.