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Environnement

L’Oréal accompagne ses fournisseurs dans le cadre de son programme de développement durable

Fin 2013, le groupe L’Oréal a dévoilé ses engagements en matière de développement durable avec l’annonce du programme « Sharing beauty with all » destiné à réduire son impact environnemental tout en concrétisant son ambition de croissance. Laurent Gilbert, Directeur du développement international de la recherche avancée L’Oréal, pilote l’action autour de l’innovation durable au sein du groupe, il revient en détail pour Premium Beauty News sur ce plan d’envergure et ses implications pour les fournisseurs concernés.

Laurent Gilbert, L’Oréal

Laurent Gilbert, L’Oréal

Premium Beauty News - Quels sont les fondements de cette politique RSE inédite ?

Laurent Gilbert - Le programme est baptisé « Sharing beauty with all », l’objectif est bien de mettre le consommateur au cœur de notre engagement en matière de développement durable et de lui donner les moyens de faire des choix responsables. Nous souhaitons lui rendre ce sujet très palpable et très facile d’accès. Nous nous engageons sur la mise à disposition d’informations sur les caractéristiques sociales et environnementales de nos produits, et travaillons avec nos marques pour qu’elles s’emparent de ce sujet et nouent un dialogue avec leurs clients. L’objectif est de travailler aussi sur l’ensemble de la chaine de valeur en commençant par nos innovations, de la production à la distribution. Le dernier point extrêmement important est que tout cela se fait dans le cadre d’un objectif du groupe qui est de conquérir un milliard de consommateurs d’ici 2020. Il est essentiel que ce développement bénéficie à l’ensemble de nos collaborateurs, de nos fournisseurs mais aussi des communautés les plus défavorisées.

Premium Beauty News - Vous prévoyez que d’ici 2020, 100% de vos fournisseurs stratégiques participeront au programme de développement durable, qu’est-ce que cela implique en matière d’approvisionnement ?

Laurent Gilbert - Nous travaillons avec plusieurs centaines de fournisseurs dans le monde et avons noué des relations privilégiées. Nous les avons sélectionnés sur leur capacité d’innovation, sur leur capacité de service ainsi que tout un ensemble de critères dont la criticité des ingrédients qu’ils nous fournissent.

Ces engagements sont le résultat d’un travail conduit en interne avec eux depuis un certain nombre d’années. Concernant par exemple le sourcing des matières premières d’origine renouvelable, L’Oréal s’est engagé dès 2005 à valoriser ses matières premières selon les principes de la convention sur la diversité biologique et à ne plus référencer de produits dont le profil environnemental serait défavorable. En conséquence, un certain nombre d’actions a été mis en place pour nous assurer que nos partenaires respectaient l’ensemble de ces principes. Nous leur avons fourni le type d’informations que nous souhaitions avoir sur le profil environnemental des matières premières achetées.

La démarche est la même avec les fournisseurs de parfum ou de packaging avec des exigences aussi sur la composition.

Premium Beauty News - Comment cela va s’organiser ?

Laurent Gilbert - Il est difficile de tout aborder en même temps donc nous procédons selon deux grandes priorités définies. D’un côté le volume, nous avons commencé par les fournisseurs les plus important en terme de volume ou de chiffre d’affaires. D’un autre côté, les matières premières et les enjeux de leur sourcing.

Premium Beauty News - Est-ce que cela va supposer de vous séparer de certains fournisseurs ?

Laurent Gilbert - Ce n’est pas notre politique. Il nous est préférable de travailler avec eux pour leur faire comprendre ce que l’on souhaite et les amener à l’intégration de ces pratiques. Bien évidemment si après beaucoup d’efforts cela s’avère impossible, on peut être amenés à prendre des décisions mais ce n’est vraiment pas l’objectif.

Premium Beauty News - Cela relève plutôt de l’accompagnement ?

Laurent Gilbert - Oui, nous avons vraiment la volonté de partager tous nos outils quand la taille de nos fournisseurs ne leur permet pas de mettre en place leurs propres outils. Notamment les outils pédagogiques pour bien partager les mêmes notions. Par exemple, la question de sémantique est très importante, s’assurer que derrière les mots nous mettons les mêmes définitions. Quand nous parlons de matières premières d’origine renouvelable ou enjeux de développement durable, s’assurer que nous comprenons la même chose, et ce au niveau international. Également des outils de travail sur la façon dont on fait les audits ou évaluer une filière. Nous sommes vraiment dans cet accompagnement.

Premium Beauty News - Le groupe s’est fixé un objectif ‘zéro déforestation’ garantissant qu’aucun de ses produits ne serait associé à la déforestation d’ici 2020. Fin 2012, l’ensemble de l’approvisionnement de L’Oréal en huile de palme répondait déjà aux normes et procédures de la RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil), que reste-t-il faire ?

Laurent Gilbert - Cette table ronde pour un sourcing d’huile de palme durable s’appuie sur différents modèles qui vont être utilisés en fonction de la complexité de la supply chain. Nous suivons l’un des modèles les plus exigeants le SG (Segregated) qui impose une traçabilité totale, du moulin qui produit l’huile de palme jusqu’à nos usines. Ce qui nous assure un approvisionnement géré selon les principes de développement durable de la RSPO.

Pour les dérivés, les chaines d’approvisionnement sont très complexes ce qui rend difficile la complète traçabilité. Nous voulons nous assurer de cette complète traçabilité même sur les dérivés, c’est le sens de notre engagement, et nous allons travailler avec les fournisseurs les plus innovants sur ces sujets. C’est la raison de l’échéance 2020, cela nécessite du temps car il y a encore beaucoup à faire avec toutes les parties prenantes de la chaine.

Premium Beauty News - Pensez vous que le consommateur est conscient des enjeux et sera sensible à votre engagement ?

Laurent Gilbert - Nos consommateurs se sentent tout à fait concernés, il y a une véritable attente. Nous sponsorisons chaque année le baromètre sur la biodiversité de l’UEBT (Union for Ethical Bio Trade) qui mesure les attentes des consommateurs et leur niveau de compréhension de ces enjeux. Nous pouvons y voir notamment qu’en Chine 94 % des personnes environ sont sensibles à la biodiversité, 69% en ont un niveau de compréhension, donc ce sont des gens extrêmement avertis de ces questions là. C’est vrai également au Brésil. Nos consommateurs sont tout à fait conscients des enjeux, il leur manque plutôt les outils pour faire des choix responsables.

Notre challenge est de rendre cette information accessible. Au fur et à mesure de l’avancée du programme, nous allons développer les moyens de communiquer avec eux. Il faut que les marques puissent s’emparer du sujet et le mettre en résonnance avec leurs produits et leur ADN pour sensibiliser leurs clients. Il est essentiel de ne pas brouiller le message, tout le monde est impliqué et nous travaillons à la mise en place d’actions à venir. D’ici 2020, il y aura des choses bien visibles pour le consommateur.

Premium Beauty News - Serez vous au rendez vous de 2020 pour l’ensemble du programme ?

Laurent Gilbert - Nous avons mis en place un panel de Critical Friends dont le regard extérieur va suivre notre état d’avancement et avec lequel nous ferons régulièrement un point. Nous communiquerons également dans nos rapports de développement durable et au cours d’autres événements qui nous permettrons de transmettre le bilan effectué. Est-ce que nous serons au rendez-vous de 2020 ? Toutes les équipes sont mobilisées pour ça et notre planning est très complet pour les prochaines années.

Propos recueillis par Kristel Milet

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