Le géant français des cosmétiques L’Oréal a annoncé jeudi 12 février une baisse de 4,4% de son bénéfice net à 6,13 milliards d’euros, pénalisé par les effets de change et la surtaxe exceptionnelle imposée aux grandes entreprises au nom du redressement des finances publiques françaises.

Le chiffre d’affaires annuel du groupe est en hausse de 1,3% à 44 milliards d’euros, selon un communiqué. La marge d’exploitation est de 20,2% contre 20% en 2024.

Au quatrième trimestre, les ventes de L’Oréal ont progressé de 1,5% pour atteindre 11,24 milliards d’euros. Un résultat perçu comme décevant sur une période généralement dynamique grâce aux fêtes de fin d’année. En 2024, les ventes du quatrième trimestre affichaient une hausse de 4,5%.

À périmètre constant et hors fluctuations monétaires, les ventes ont progressé de 6% au quatrième trimestre 2025, alors que le consensus des analystes tablait sur une hausse d’environ 8%.

Investissements importants

Cette année 2025 a été "une année assez déterminante pour L’Oréal", estime Nicolas Hieronimus, le directeur général du groupe, qui souligne des "résultats solides", "malgré un contexte pour le moins volatil et adverse".

Cela a aussi été "une année de transformation importante pour préparer la croissance du futur" avec "des gros investissements dans la technologie, l’informatique, l’IA (intelligence artificielle)... On a dépensé plus d’un milliard et demi d’euros dans la tech", a-t-il dit.

Il évoque aussi "une année historique" en matière d’acquisitions.

L’Oréal a notamment pris une participation minoritaire dans la marque de mode Jacquemus, est monté à 20% du capital du laboratoire suisse de dermatologie Galderma. Le groupe a également acquis une participation majoritaire dans la marque britannique de soin de la peau Medik8. Mais surtout, il a annoncé l’achat de la division beauté du groupe de luxe Kering pour un 4 milliards d’euros.

"Ces acquisitions nous renforcent dans notre cœur de métier et nous ouvrent aussi des perspectives importantes dans le luxe, dans la beauté dermatologique, dans la beauté santé", a expliqué à l’AFP Nicolas Hieronimus.

Renforcer l’innovation

Pour 2026, "il faut être prudent et humble", dit-il et, "sauf nouvelle surprise", il estime quand même que "le marché de la beauté va poursuivre son accélération". "Il faut redoubler d’efforts en matière d’innovation pour animer ce marché, pour séduire les consommateurs", selon lui.

"En 2025, L’Oréal a enregistré son plus grand nombre historique de brevets. On a obtenu 725 brevets. C’est la garantie qu’on va avoir plus d’innovations exclusives, une plus grande partie de notre chiffre d’affaires protégée par des brevets", explique-t-il.

Luxe stable

Par régions, en 2025, les ventes du groupe en Asie du Nord ont baissé de 2,2% à 10,08 milliards d’euros, mais hors effet de change, elles ont progressé de 0,5%. "L’amélioration est tirée par la Chine continentale, où la croissance s’accélère, passant d’une croissance faible à une croissance moyenne à un chiffre", selon le communiqué.

En Europe, le chiffre d’affaires de L’Oréal a progressé de 4,6% à 14,86 milliards d’euros. En Amérique du Nord, les ventes ont reculent de 0,7% (mais hors effet de change progressent de 3,4%) à 11,71 milliards d’euros. Pénalisées elles-aussi par un change défavorable les ventes reculent de -0.7% en Amérique latine (mais affichent une progression de +8.3%, hors effet monétaire, sous l’impulsion des parfums et des soins capillaires).

Par division, les ventes de produits grand public (Garnier, Maybelline...) sont en hausse de 0,7% et passent les 16 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires de L’Oréal luxe (Lancôme, Yves Saint Laurent, Giorgio Armani...) est stable à 15,6 milliards d’euros.

Les ventes de la division beauté dermatologique (La Roche-Posay, CeraVe, Vichy...) progressent de 2,5% à 7,2 milliards d’euros et les produits professionnels (Kerastase, Redken...) bondissent de 5,5% et dépassent les 5 milliards d’euros.