Les résultats du géant européen du retail beauté ont été affectés au troisième trimestre de son exercice 2025/2026 par une dynamique atone en Allemagne, en France et aux Pays-Bas, ainsi que par la concurrence forte sur les prix, traduction de la sensibilité élevée et persistante des consommateurs sur sujet.

Sur la période avril à juin 2026, le chiffre d’affaires de Douglas a reculé de 2,0% par rapport à la même période de l’année dernière pour s’établir à 987,8 millions d’euros, tandis que l’EBITDA [1] ajusté a chuté de 19,4% à 127,5 millions d’euros (soit une marge d’EBITDA de 12,9%). La croissance enregistrée en Europe centrale et orientale (+4,4%) n’a pas suffi à compenser le recul des ventes dans la région DACHNL [2] (-2,8%) et en France (-2,1%), où le groupe est implanté via l’enseigne Nocibé.

Selon Douglas, alors que le marché européen de la beauté haut de gamme continue de progresser, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas — qui représentent ensemble environ 60 % de l’activité totale du groupe — sont à la traîne par rapport à des marchés plus dynamiques comme la Pologne, l’Espagne et l’Italie. La demande des consommateurs est orientée à la baisse en Allemagne et aux Pays-Bas, et reste globalement stable en France. À l’inverse, l’Europe centrale et orientale demeure le moteur de croissance clé du groupe.

Parfumdreams, l’activité de vente en ligne du groupe en Allemagne, a rencontré des contraintes opérationnelles temporaires au cours de la période qui ont entrainé une forte chute des ventes (-10,4%) du segment Parfumdreams/Niche Beauty.

Les ventes en ligne ont en revanche connu une progression à deux chiffres en Europe centrale et orientale, en Europe du Sud et en France, des pays où ce canal représente jusqu’à un quart du chiffre d’affaires total du groupe. Selon Douglas, cette solide performance met en évidence à la fois le potentiel de croissance de ce canal et l’accélération de sa dynamique, avec des consommateurs qui privilégient de plus en plus l’achat en ligne.

Sur les neuf premiers mois de l’exercice 2025/2026, l’évolution des ventes omnicanales est restée globalement stable, avec une hausse de 0,5% à 3,61 milliards d’euros, tandis que l’EBITDA ajusté a reculé de 9,0% à 577,3 millions d’euros (soit une marge d’EBITDA à 16,0%). Le groupe indique maintenir ses prévisions pour l’exercice.

"La concurrence pour capter le budget des consommateurs est féroce", indique Sander van der Laan, CEO du groupe Douglas.

L’entreprise indique qu’elle réexamine en permanence sa stratégie de prix pour s’adapter à l’évolution des comportements d’achat, tout en accélérant sa transformation omnicanale. "Nous réorientons nos investissements vers l’amélioration de notre offre numérique et de l’expérience d’achat de nos clients, tout en misant sur l’exclusivité de notre offre et sur des services transversaux — deux leviers qui génèrent une croissance significative des ventes", ajoute M. van der Laan.

Douglas, qui anticipe une montée de la part des ventes en ligne au cours des prochaines années, entend accorder une place encore plus importante au commerce électronique.

"Cela implique également une évaluation critique de nos magasins au regard de nos objectifs de rentabilité. Nous poursuivrons l’ouverture sélective de nouveaux points de vente — notamment en Europe de l’Est — et continuerons à moderniser nos magasins en Europe de l’Ouest. Toutefois, en particulier sur les principaux marchés d’Europe de l’Ouest où le basculement vers le numérique est le plus marqué en valeur absolue, nous ajusterons encore plus finement l’équilibre entre activités numérique et physique pour l’aligner sur la fréquentation réelle des clients", souligne M. van der Laan.