Le géant britannique de l’hygiène et de l’alimentation Unilever a annoncé mardi 31 mars se séparer de sa division alimentaire, qui va fusionner avec le groupe américain McCormick & Company dans le cadre d’un accord à plusieurs milliards de dollars.

La nouvelle entité réunira sous un même toit les soupes Knorr, les moutardes Maille, la mayonnaise Hellmann’s jusque-là propriété d’Unilever et les épices Ducros, les ingrédients de pâtisserie Vahiné ou la moutarde French’s de McCormick.

Cette fusion, qui doit être achevée mi 2027, donnera naissance à « un géant mondial des saveurs » dont les marques ont généré en 2025 20 milliards de dollars (17,4 milliards d’euros) de chiffre d’affaires, se félicitent Unilever et McCormick dans un communiqué commun. La transaction valorise la division alimentation d’Unilever à hauteur de 44,8 milliards de dollars (39 milliards d’euros). Par ailleurs, l’activité d’Unilever Foods en Inde n’entre pas dans le champ de cette fusion.

Dans le cadre de cet accord, McCormick versera 15,7 milliards de dollars (13,7 milliards d’euros) à Unilever. Au terme de l’opération, les actionnaires de McCormick détiendront 35% du nouvel ensemble, et ceux d’Unilever 55,1%, et Unilever détiendra en direct 9,9% du capital.

Cosmétiques, hygiène et produits ménagers

Unilever indique toutefois qu’il cèdera progressivement cette participation pour se concentrer uniquement aux produits ménagers, à l’hygiène personnelle et aux cosmétiques.

« Pour Unilever, cette transaction constitue une nouvelle étape décisive dans la simplification de notre portefeuille et l’accélération de notre stratégie axée sur les catégories à forte croissance », a commenté Fernando Fernandez, CEO d’Unilever.

La cession de la division alimentation, après celle des glaces, ramène Unilever à un chiffre d’affaires d’environ 39 milliards d’euros.

À l’issue de cette scission, et sur la base des données de l’exercice 2025, 67% du chiffre d’affaires d’Unilever proviendra des catégories beauté, bien-être et hygiène personnelle (contre 51% en 2025). « Ces catégories bénéficient de dynamiques structurelles favorables, alimentées par la montée en gamme, l’innovation scientifique et l’accès à des canaux de distribution à forte croissance », souligne le groupe.

Les États-Unis et l’Inde représenteront 38% du chiffre d’affaires du groupe (contre 33% en 2025), la part des marchés émergents montera à 62% (contre 59% auparavant). Unilever renforce ainsi la part dans des ventes de régions à forte croissance, à la démographique dynamique et en phase d’urbanisation, d’augmentation du nombre de ménages, de hausse du taux d’activité féminine et d’accroissement du niveau de vie.

De plus, le groupe dispose désormais d’un portefeuille de marques structurellement plus haut de gamme, avec une plus grande présence sur les canaux numériques.

« Si les activités alimentaires d’Unilever génèrent de fortes marges, leur croissance est restée en deçà de celle de ses marques de soins personnels et de beauté », rappelle Russ Mould, directeur des investissements chez AJ Bell.