Le géant américain des produits d’hygiène Procter & Gamble (P&G) a annoncé vendredi 24 avril des résultats meilleurs qu’attendu pour le troisième trimestre de son exercice décalé. Une plus-value de cession a notamment contribué à compenser la hausse des prix des matières premières et des droits de douane.

"Nous augmentons les investissements pour accélérer la dynamique avec les consommateurs malgré l’environnement géopolitique et économique difficile, tout en maintenant nos prévisions pour l’ensemble de l’exercice fiscal" 2026, a commenté Shailesh Jejurikar, PDG du groupe, cité dans un communiqué.

Entre janvier et mars, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 21,23 milliards de dollars (+7%) et un bénéfice net de 3,93 milliards de dollars (+4%), tous deux supérieurs au consensus des analystes de Factset (respectivement 20,53 et 3,79 milliards). Les cinq divisions du groupe sont en croissance ; les produits de beauté enregistrant la meilleure performance avec une progression de 11%.

La hausse du bénéfice net provient notamment d’un gain de 261 millions de dollars après impôts encaissé avec la vente en janvier pour 476 millions de sa participation dans Glad, une société commune avec le géant des désinfectants Clorox qui a ensuite été dissoute.

Flambée des matières premières

À l’inverse, les résultats ont été grevés par la hausse des prix des matières premières d’environ 150 millions de dollars après impôts.

Le directeur financier, Andre Schulten, a précisé lors d’une audioconférence avec des analystes que le surcoût annuel avait été estimé autour d’un milliard de dollars après impôts, en comptant un baril de pétrole à 100 dollars. De plus, les dégâts matériels causés à certaines unités de production dans le Golfe ainsi que le blocage du détroit d’Hormuz ont fortement perturbé certaines chaines d’approvisionnement.

Par ailleurs, les droits de douane imposés par le président Donald Trump depuis un an devraient peser à hauteur d’environ 400 millions après impôts sur l’exercice fiscal en cours.

À cela s’ajoutent un effet négatif d’environ 250 millions après impôts lié aux taux d’intérêt et un avantage d’environ 200 millions en matière de taux de change.

Au total, ces divers éléments devraient amputer le bénéfice par action annuel de 25 cents.

Malgré cela, le groupe a confirmé ses prévisions annuelles : le chiffre d’affaires devrait progresser dans une fourchette de 1% à 5% (jusqu’à +4% à données comparables) et un bénéfice net par action à données comparables entre 6,83 et 7,09 dollars. Ce dernier devrait s’établir "dans le bas de la fourchette" étant donnés les différents surcoûts, a néanmoins prévenu P&G vendredi.

Mais "le niveau qui sera réellement atteint dans ces fourchettes est devenu beaucoup plus incertain étant donnée la dynamique géopolitique au Moyen-Orient" où une guerre sévit depuis fin février, a indiqué M. Schulten aux analystes.

Selon lui, le rythme de croissance organique du chiffre d’affaires au quatrième trimestre de l’exercice devrait être "inférieur" à celui du troisième trimestre, du fait des stocks importants constitués par les distributeurs en mars, "probablement pour se protéger d’éventuelles hausses de prix ou de perturbations des chaînes d’approvisionnement" à cause du conflit.

Le groupe craint également les conséquences de l’inflation (alimentation, énergie, santé, etc.) sur les dépenses des consommateurs et leur recherche d’un bon rapport qualité-prix. Le conflit avec l’Iran "a exacerbé cela jusqu’à un nouveau niveau d’inquiétudes", a constaté le directeur financier.