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Emballage & design

Packaging beauté : Quelles compétences pour quel diplôme ?

Les attentes de entreprises du secteur de la beauté - aussi bien pour le maquillage que pour les produits de soins - sont actuellement orientées sur le couple « produit-packaging ». D’où l’intérêt d’une formation spécifique aux métiers de la beauté qui permettrait de mieux appréhender cet ensemble. Une réunion sur ce thème rassemblant plusieurs responsables de grandes marques vient d’avoir lieu à Paris à l’initiative de Serge German, Directeur de l’ESEPAC, de Jean-Yves Bourgeois, JYB Conseils, et de Daniel Saclier, MY ID Consult.

Serge German, Directeur de l’ESEPAC

Serge German, Directeur de l’ESEPAC

Premium Beauty News - La formation apparaît plus que jamais comme un élément fondamental pour l’ensemble de la filière beauté.

Serge German - Merci de me donner la parole pour faire état d’un constat embarrassant ! Il n’y a jamais eu autant de diplômés, d’offres d’emplois et de chômeurs… Un paradoxe qui prend une ampleur toute particulière dans les métiers d’ingénieurs et de techniciens en packaging pour le secteur de la beauté. Il y a un décalage entre les connaissances enseignées, les compétences requises en entreprise et les aspirations des nouvelles générations. Les universités et écoles d’ingénieurs forment des chimistes, les entreprises recherchent des dessinateurs et les jeunes veulent inventer l’emballage de l’avenir !

Au-delà de cette caricature, l’accès à l’enseignement supérieur « bac+5 » est réservé principalement aux étudiants issus de licence générale (faible quantité ouverte aux licences professionnelles) et aux étudiants issus de classes préparatoires pour les écoles d’ingénieurs. Les contenus pédagogiques des diplômes actuels sont de plus en plus orientés « sciences fondamentales » au détriment des enseignements « pratiques ». Cette orientation à des vertus pour une partie des emplois, mais génère des carences pour d’autre typologie de métiers.

Les attentes de entreprises du secteur de la beauté sont actuellement orientées sur le couple « produit-packaging ». C’est la clef de la réussite professionnelle de demain aussi bien pour la cosmétique que pour les produits de soins. Au vu de ce constat, il semble important de créer une formation pour les métiers de la « beauté », permettant de gérer ce couple « produit-packaging » et pas seulement la formulation ou la conception d’emballage. Celle-ci viendrait en complément des formations actuelles, pour accroitre la base de recrutement en diplômés, basée sur les besoins de compétences techniques énoncés par les entreprises, ouverte aux étudiants ayant le niveau requis, quel que soit le diplôme.

Premium Beauty News - Vous avez organisé avec Daniel Saclier et Jean-Yves Bourgeois une réunion à Paris qui rassemblait des fournisseurs et des marques.

Serge German - La profession transmet annuellement à l’ESEPAC une pléiade de postes, et reste globalement mécontente du nombre très réduit de postulants. Le but de la réunion était de réaliser un état des lieux, de comprendre les causes de ce mécontentement et d’identifier les remèdes.

Les 16 participants ont confirmé les besoins élevés de recrutement pour les métiers du packaging dans le secteur de la « beauté » spécifiquement sur les compétences permettant de gérer le couple « formulation-emballage » (full service, produit de soin, maquillage…) Tous veulent participer à la définition du contenu pédagogique pour assurer la cohérence avec les besoins en entreprises.

En effet, il apparait nécessaire de former sur de la compétence technique, plutôt que gestionnaire, c’est-à-dire, des connaissances en formulation, matériaux, technologies de transformation, règlementation, écoconception et un bon niveau d’anglais. Il reste à aborder les volumes horaires, les notions économiques et comment rendre attractive cette formation.

Premium Beauty News - L’évolution du secteur de la beauté vers plus de services, et vers ce qu’on appelle aujourd’hui le full service, impacte le niveau de formation requis. Comment arriver à concilier une formation qui tienne compte à la fois du contenu et du contenant ?

Serge German - C’est compliqué, c’est une nouvelle formation qui fait appel à des connaissances diversifiées et peu en rapport avec des diplômes actuels :

  • soit on recrute des étudiants diplômés de domaine de la formulation, qu’il faudra « adapter » aux contraintes de la « beauté » et former totalement sur l’emballage,
  • soit on recrute des « techniques » du packaging à qui il faudra apprendre le volet « formulation ».

Quoi qu’il en soit, cette formation implique des investissements en matériel et en moyen humain. Il sera nécessaire que la profession s’implique techniquement et financièrement, car c’est elle qui a les connaissances et la capacité d’absorber les apprentis.

Premium Beauty News - Vous avez organisé à Lyon en début d’année une sorte de « Bourse de l’emploi » qui a eu un vrai succès.

Serge German - Encore une fois nous constatons une pénurie d’étudiants formés pour tous les métiers de l’emballage, quel que soit le secteur… et les cartonniers sont certainement le plus dramatique des exemples. Il est essentiel de favoriser le lien entre les entreprises et les jeunes, de valoriser les métiers, les débouchés, les évolutions de carrière.

La « biennale » organisé en mars a réuni 305 personnes et 16 participants [1] représentants d’entreprises. Elle avait comme finalité « d’exposer » les formations en packaging et quelques entreprises caractéristiques des divers métiers de l’emballage. Ce fut un plein succès, apprécié autant des étudiants que des entreprises. Les entreprises ont pu séduire les étudiants, avec à la clef des stages, apprentissages et emplois.

La prochaine édition est prévue en 2019, et ce besoin ne se limite pas à la France, il est au moins Européen !

La France est une grande nation de la formation en packaging, il faut en profiter et donner à nos enfants à la fois des emplois et des métiers passionnants et développer notre excellent tissu industriel.

Notes

[1] Les 16 à la réunion du 12 septembre 2018 étaient : Fabrice Soulard de Shiseido, Anne Desnos de Chanel, Frédéric Seels de P&B Group, Renaud Van DenBerg, Cosmogen, Elodie Suet, Diptyque, Andrea Spinosa, Coty, Olivier Farnault, L’Oréal, Vincent Fourcault, Givenchy, Delia Paterscano, Albéa, Didier Giordano, Albéa, Uresti Osvaldo, Albéa, Daniel de Rosa, Ipack, Daniel Saclier, Consultant, Adeline Dimier, Esepac, Serge German, Esepac, Matthieu Bourgeois, Avocat

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