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Sociétés & industrie

« Le cycle de vie d’un cosmétique bio est très court, » Nicolas Fouchère, Laboratoire Sicobel

Créé en 1959, le Laboratoire Sicobel emploie aujourd’hui environ 50 personnes pour un chiffre d’affaires de 4,4 millions d’euros en 2012. Acteur historique de la dermo-cosmétique naturelle, le laboratoire a lancé avec succès en 2003 la marque BcomBio en pharmacie. Aujourd’hui disponible dans plus de 1000 points de vente en France, la marque engage maintenant son développement international. Pour Nicolas Fouchère, Président de Sicobel, en raison d’un rythme soutenu d’innovation technique, la cosmétique bio implique des investissements particulièrement importants.

Nicolas Fouchère, Président de Sicobel

Nicolas Fouchère, Président de Sicobel

Premium Beauty News - Le Laboratoire Sicobel est connu pour ses marques dermo-cosmétiques naturelles. Vous avez été l’un des pionniers sur ce segment ?

Nicolas Fouchère - C’est exact. Le Laboratoire Sicobel, qui a maintenant plus de 60 ans d’existence, s’est fait connaître grâce à ses actifs naturels favorisant la régénération des cellules cutanées. Placentor, la marque historique du laboratoire, a été un des pionniers de la « phytodermatologie ».

Lorsque j’ai repris l’entreprise en 1996, j’ai choisi de renforcer ce positionnement combinant actifs naturels et produits dermo-cosmétiques. Nous avons travaillé toutes nos formulations pour les rendre plus naturelles tout en nous assurant qu’elles conservent leur efficacité.

Premium Beauty News - C’est à ce moment que vous vous lancez dans l’aventure du bio ?

Nicolas Fouchère - Nous sommes rendus compte que nous avions du mal à valoriser le travail de reformulation que nous avions effectué pour Placentor.

En France, le bio nous a semblé être un élément de différentiation puissant. Et le Laboratoire Sicobel est devenu l’un des membres fondateurs de l’association Cosmébio. La démarche bio a permis de mettre en place un cahier des charges précis, contrôlé par des organismes de certification indépendants des fabricants et des marques.

En 2003, nous avons lancé la marque BcomBio, avec une équipe constituée en interne, car il y avait alors très peu de savoir-faire extérieur dans ce domaine. Et nous sommes restés dans notre domaine : la dermo-cosmétique. BcomBio a été la première marque biologique à être lancée en pharmacie. Au début, nous avons du affronter un certain scepticisme de la part de nos interlocuteurs. Mais la vague bio nous a aidé et de grosses pharmacies, soucieuses de réagir face à la concurrence des parapharmacies, ont commencé à vraiment s’intéresser à nos produits et à les soutenir.

Aujourd’hui, le Laboratoire Sicobel gère cinq marques. Deux marques à forte connotation naturelle, mais non certifiées bio : Placentor, notre marque historique, et Edenens, qui vise les jeunes femmes. Et trois marques bio : BcomBio, BcomBio Homme, BBcomBio, notre marque dermo cosmétique bio pour bébés.

Premium Beauty News - Le choix du bio est donc compatible avec un positionnement dermo-cosmétique pour lequel l’exigence d’efficacité est particulièrement forte ?

Nicolas Fouchère - Nous en sommes la preuve. La dermo-cosmétique est constitutive de l’ADN de Sicobel. Dans notre cas, il s’agit d’une dermo-cosmétique d’auto-prescription. Dès le début nous avons pris soin de nous assurer de l’efficacité de nos produits et de la tester. Cela n’a pas toujours été facile car au tout début le nombre d’ingrédients disponibles était très réduit. Notre objectif d’efficacité nous a obligé à entrer dans un processus continu de reformulation pour pouvoir bénéficier des nouveaux ingrédients qui apparaissaient sur le marché. Je peux dire que depuis 3 ou 4 ans nous arrivons à obtenir avec nos produits biologiques des résultats équivalents à ceux des produits dermo-cosmétiques conventionnels.

Premium Beauty News - Tout en restant compétitifs en termes de prix de vente ?

Nicolas Fouchère - Il n’y a pas d’écart de prix significatif entre BcomBio et les marques de dermo-cosmétique conventionnelles. Là encore c’était un objectif et cela a demandé de gros efforts. En effet, les formules biologiques sont généralement plus chères, et à cela il faut ajouter le coût de la certification. Par ailleurs, le cycle de vie d’un produit bio est souvent très court. Comme de nouvelles molécules sont mis à notre disposition à un rythme très soutenu, nous reformulons très souvent de manière à rester à la pointe de l’innovation. Ce processus continu de reformulation, très caractéristique du bio à ses débuts, reste encore très vrai. En résumé, nous devons faire des efforts sur nos marges.

Premium Beauty News - À vous écouter on comprend que le positionnement bio est particulièrement délicat. Que pensez-vous des interrogations sur le potentiel réel de ce marché ?

Nicolas Fouchère - Depuis 2011 la progression des ventes de cosmétiques biologiques s’est ralentie. Nous sommes passés d’une croissance très forte, à deux chiffres, à une croissance nettement plus modérée. Dans un tel contexte, certains grands groupes, qui ont consentis d’importants efforts pour ce développer sur ce marché ont pu s’estimer déçus.

Actuellement, on peut estimer que le marché du bio représente entre 3,5 et 4% du marché français. Il y a eu une floraison de marques jusqu’en 2010 mais le ralentissement des ventes à partir de 2011 a conduit les distributeurs à rationaliser leur offre et l’on a assisté à de nombreux déréférencements.

En ce qui nous concerne, nous avons toujours pensé qu’il ne suffisait pas de se revendiquer bio, que ce ne serait jamais suffisant pour la consommatrice. C’est encore plus vrai sur le marché de la dermo-cosmétique où l’on travaille sur le long terme, et où il faut donc être crédible sur tous les plans.

Comme tous les autres acteurs, nous avons soufferts du ralentissement du marché des cosmétiques bio à partir de 2011. Mais nous avons bien résisté par la suite notamment grâce au développement d’étuis en carton pour nos produits. Initialement, nous avions fait le choix de ne pas avoir d’emballage secondaire, mais leur introduction début 2012 nous a permis de mieux exprimer la particularité de notre marque.

Premium Beauty News - Et comment voyez-vous l’avenir ?

Nicolas Fouchère - Nous allons d’abord poursuivre nos efforts de renouvellement de nos gammes, de reformulation et de recherche de nouveaux actifs, avec pour objectif de continuer à proposer des produits au meilleur niveau. Second axe de développement : l’internationalisation de nos marques. Aujourd’hui, Placentor (10% de notre chiffre d’affaires export) est la seule de nos marques à être véritablement présente hors de France, même si BcomBio a été lancé en Italie, en Belgique et en Russie.

En parallèle, nous poursuivons notre activité de fabrication à façon qui représente 10% de notre chiffre d’affaires et nous permet de nous confronter constamment à de nouvelles problématiques.

Premium Beauty News - Quelle est l’incidence des changements réglementaires en cours, notamment de l’entrée en vigueur prochaine du nouveau Règlement européen sur les cosmétiques ?

Nicolas Fouchère - C’est particulièrement lourd pour une PME qui doit être au même niveau que les grands groupes sans disposer des mêmes moyens. C’est évidemment un surcoût qui pèse sur notre rentabilité.

Propos recueillis par Vincent Gallon

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