En s’installant au Palais Brongniart, l’événement franchit un cap. "La Paris Perfume Week a clairement changé d’échelle. En trois jours, nous avons accueilli 11.500 visiteurs, dont près de 50% de professionnels, français et internationaux. C’est plus de trois fois ce que nous avions réalisé l’an dernier. Nous sommes passés de 50 à 180 exposants et partenaires", souligne Romain Raimbault, directeur et cofondateur de l’événement.
Dans ce lieu iconique au cœur de Paris, le salon est néanmoins parvenu à conserver son ADN culturel et exigeant, notamment grâce à un riche programme d’expositions, de conférences et de contenu.
La programmation ambitieuse a remporté un franc succès auprès des visiteurs. À l’instar de l’exposition Scent of Italy, mise en scène par dsm-firmenich, "qui a trouvé une belle résonance auprès du public et s’inscrit pleinement dans cette démarche de développer une véritable culture olfactive, de plus en plus recherchée aujourd’hui", observe Florian Gallo, parfumeur au sein de la maison de composition. À cela s’ajoute un programme hors-les-murs particulièrement étoffé, avec près de 80 événements organisés dans la capitale. "Plus qu’un rendez-vous professionnel ou grand public, la Paris Perfume Week s’affirme aujourd’hui comme un véritable mouvement culturel à l’échelle de la ville", poursuit Romain Raimbault.
Fort engouement public
Cette montée en puissance est saluée par les marques exposantes. "Nous sommes très satisfaits de cette troisième édition, qui revêt cette année une dimension internationale. Paris était jusqu’ici oubliée de ce type d’événement, alors qu’elle est l’une des capitales du parfum. L’équipe de Nez a fait un vrai travail de fond pour structurer ce rendez-vous", observe Donatien Darnaud, Directeur Général des Bains Guerbois. S’il partage pleinement la volonté d’ouvrir le parfum au plus grand nombre, il souligne toutefois la nécessité de consacrer davantage de temps aux professionnels, facteur essentiel pour construire des partenariats solides.
L’ouverture au grand public apparaît néanmoins comme un levier clé pour les petites marques indépendantes. "Ce qui m’a marqué, c’est l’énergie et la jeunesse du public, passionné, curieux, attentif et acheteur. La Paris Perfume Week est l’un des rares salons où la vente directe est possible. Nous avons très bien vendu", confie Isabelle Larignon, créatrice de la marque éponyme, évoquant trois jours "intenses mais galvanisants". Bien que la question d’un temps dédié au B2B reste, pour elle aussi, un axe d’amélioration des prochaines éditions.
Cette volonté de partage auprès des amateurs a également séduit les partenaires de l’événement. Florian Gallo retient de la Paris Perfume Week 2026 “un moment assez unique dans le monde de la parfumerie, où professionnels et grand public se mêlaient naturellement autour d’une passion commune.” Également exposant pour sa marque Bontemps Paris, il estime que le salon lui a permis de partager sa vision de parfumeur “avec des profils variés dans une atmosphère sincère et accessible”.
Une ouverture sur la diversité des métiers du parfum
Au-delà de la présence des marques, cette troisième édition a également mis en lumière la diversité des métiers du secteur, avec la participation de maisons de composition et de grands groupes – parmi lesquels IFF, Robertet, CPL Aromas, L’Oréal ou Coty – mais aussi d’acteurs du packaging, comme le verrier Verescence et le spécialiste de l’impression d’étiquettes adhésives, Darmon Étiquettes, dans l’espace Behind The Scent.
“Ce forum est venu combler un manque : valoriser les métiers, les savoir-faire et les parcours de formation dans notre industrie. Pensé comme un salon dans le salon, ce dispositif réunissait 20 exposants, 23 conférences sur une scène dédiée, avec le soutien du groupe L’Oréal. Avec des acteurs majeurs tels que l’ISIPCA, l’ESPC, Cinquième Sens, le GIP, ou des émergents comme l’Istituto Marangoni ou IFEAT Education. Et ce fut une réussite. Au même titre que le programme hors-les-murs, Behind the Scent est déjà une composante essentielle de la Paris Perfume Week”, analyse Dominique Brunel, co-fondateur de l’événement.
Des sillages toujours plus texturés
Côté tendances olfactives, l’heure est toujours aux fragrances intenses et texturées. Dans le sillage de Guidance d’Amouage ou Impadia de BDK Parfums, les floraux fruités et gourmands dominent. À l’image de Rose Graffiti chez Les Bains Guerbois – une rose crémeuse, relevée de cassis et de muscs – ou d’interprétations alléchantes de la fleur d’oranger, comme Candy Rush chez D’Orsay.
La gourmandise continue de se renouveler autour de jeux de texture travaillés et appétents. Les avancées en matière d’extraction – notamment les procédés CO₂ – permettent d’amplifier l’aspect salivant d’un ingrédient. À l’image de la fève tonka, très tendance, dont l’extraction CO2 sublime la nature onctueuse et amandée. Les accords gourmands s’imposent aussi autour de notes beurrées, et pyrazinées.
En parallèle, un subtil début de tendance se dessine autour des notes herbacées. Des créations comme Sous les Pins de la gamme Atelier des Fleurs chez Chloé, Delphes de L’Objet ou Black Oregano de Atelier Materi témoignent d’un regain d’intérêt pour ces registres plus verts.
Enfin, la quête de différenciation reste au cœur des discours des maisons de composition. Les acteurs présents ont largement mis en avant leurs innovations en matière de sourcing et d’extraction, qu’il s’agisse des procédés développés par LMR Naturals chez IFF ou des approches de codistillation et d’upcycling présentées par Robertet. Autant de leviers qui renouvellent la palette du parfumeur pour proposer des signatures olfactives distinctives, dans un marché toujours plus concurrentiel.































