Le numéro un mondial du luxe LVMH a souffert au premier trimestre de l’impact de la guerre au Moyen-Orient, qui a fortement réduit ses ventes dans cette région, l’une des plus dynamiques pour le secteur ces dernières années.

La reprise espérée devra encore attendre un peu : le mastodonte français (Louis Vuitton, Dior, Moët Hennessy, Tiffany...), l’un des premiers groupes de luxe à publier ses ventes pour le premier trimestre 2026, a enregistré 19,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires de janvier à mars, un chiffre en repli de 6% sur un an.

À taux de change et périmètre comparables, les ventes ont progressé de 1%, le conflit coûtant environ un point de croissance sur la période, a précisé l’entreprise lundi 13 avril.

Selon une étude récente des analystes de Bernstein, le Moyen-Orient représentait la région la plus active du secteur l’an dernier, avec des croissances organiques (à données comparables) de l’ordre de 6% à 8%, alors que le reste du monde était globalement stable.

Toutefois, LVMH table sur un retour dans les boutiques des clients dont les achats ont été différés. "Pour l’instant, le résultat final reste très incertain", a souligné Cécile Cabanis, la directrice financière du groupe, lors d’un échange avec les analystes. "Ce que nous savons, c’est que la richesse ne s’est pas évaporée ; il y aura donc un moment où nous la verrons revenir probablement ailleurs et atténuer l’impact si le conflit devait se poursuivre."

Signaux positifs

"Dans un contexte géopolitique et économique particulièrement perturbé par le conflit au Moyen-Orient, LVMH reste vigilant mais néanmoins confiant en ce début d’année", a fait valoir LVMH dans son communiqué.

En 2025, le géant français avait publié un bénéfice net en repli de 13% (à 10,9 milliards d’euros) pour des ventes en recul de 5% à près de 81 milliards. Mais le groupe, qui a pâti - à l’instar de la plupart des entreprises du secteur du luxe - de plusieurs facteurs, dont un ralentissement en Chine, veut croire en des signaux positifs.

"Le segment chinois s’est plutôt bien amélioré, avec une clientèle chinoise locale qui a enregistré une croissance solide au premier trimestre", a fait valoir Cécile Cabanis.

Plus globalement, en Asie - hors Japon - les ventes ont même connu une croissance organique de 7% au premier trimestre. Les États-Unis, autre grand marché du luxe, sont aussi en reprise, avec une croissance de 3% sur cette période, l’Europe demeurant en recul (-3%).

Les ventes de l’activité parfums et cosmétiques sont stables en organique (taux de change et périmètre constant) et la Distribution sélective affiche des ventes en hausse de 4 % en organique.

Le groupe veut aussi voir des signaux positifs pour sa division mode et maroquinerie (Louis Vuitton, Dior, Celine, Fendi...), de loin sa principale activité. Les ventes de celles-ci ont atteint 9,2 milliards d’euros de janvier à fin mars, soit un repli de 9% (-2% hors variations de change et de périmètre). Cela reste une petite amélioration par rapport au dernier trimestre de 2025.

Pour cette branche, LVMH a fait état du succès des premiers produits de Jonathan Anderson, nommé l’an dernier directeur artistique de Dior, avec une accélération à venir. Les ventes de Dior sont en nette amélioration, selon la directrice financière du groupe, qui a aussi noté la résilience de Louis Vuitton. LVMH a également salué une "excellente performance" de la marque Loro Piana au premier trimestre.