Dans un contexte où l’Union européenne entend accélérer sa transition vers une économie circulaire des packagings, avec la mise en œuvre progressive du règlement sur les emballages et les déchets d’emballage (PPWR) [2], le zamak répond pleinement aux exigences de cette évolution.
D’une part, le zamak peut être recyclé et réutilisé à l’infini, sans perte de qualité, pour produire de nouvelles pièces : capots, éléments décoratifs, pièces techniques… D’autre part, depuis l’automne dernier, le zamak est officiellement reconnu comme matériau recyclable par le Comité européen de normalisation (CEN). "Il bénéficie d’une filière européenne de recyclage identifiée et cartographiée, validée par les éco-organismes Citeo et Léko", explique Claire Trescartes, directrice exécutive de la société Segede Industrie, la société française qui a œuvré avec plusieurs acteurs de la filière pour faire reconnaître la recyclabilité du zamak.
Des propriétés identiques au zamak de première fusion
Une fois triés et séparés, les déchets de zamak suivent plusieurs étapes de traitement (nettoyage, fusion, élaboration de l’alliage et production de lingots) avant de retrouver une nouvelle application industrielle. Parmi les acteurs spécialisés dans le recyclage et la production d’alliages de zinc, le groupe luxembourgeois REAZN (ndlr : en Europe, on compte également le français Genlis Métal et l’italien S. Erasmo Zinkal) produit des lingots de zamak contenant au minimum 93% de matières recyclées, avec la possibilité d’atteindre 100% à la demande.
L’entreprise, dont l’usine se trouve à Kruisem en Belgique, ambitionne d’ici dix ans de produire pour le marché européen du zamak uniquement issu de zinc recyclé, sans avoir recours à du zinc primaire.
"La production de zinc recyclé est bien moins gourmande en ressources que celle de zinc primaire : moins de 100 litres d’eau et moins de 0,35 MWh d’électricité sont nécessaires par tonne, contre environ 70 000 litres d’eau et au moins 4 MWh pour une tonne de zinc primaire", souligne Claude Bever, directeur général de REAZN. "L’utilisation de matières premières secondaires permet de limiter le recours au zinc issu de l’extraction minière. L’intérêt est à la fois industriel et environnemental", explique Jean Gouverneyre, fondateur et codirecteur général du groupe.
Les lingots sont ensuite utilisés par des acteurs comme Segede Industrie pour la fabrication de capots de parfum ou de pièces plus complexes comme des vaporisateurs de sac "avec la même exigence de qualité que le zamak primaire", rappelle Claire Trescartes.
Volumes disponibles, aujourd’hui et demain ?
Loin d’être embryonnaire, la filière du zamak recyclé dispose déjà de plusieurs sources d’approvisionnement. "Les déchets industriels représentent une part importante des volumes que nous traitons, mais nous valorisons également les déchets issus du tri ménager ou de la filière du verre tels que les zips, les boutons, les capots de parfum ou encore d’autres petites pièces métalliques", explique Claude Bever. "Les capots en zamak, par exemple, rejoignent généralement le flux de collecte du verre, car ils restent associés au flacon, où ils seront séparés du calcin par courants de Foucault, avant d’être envoyés chez un affineur comme REAZN", souligne Claire Trescartes.
En 2019, près de 247 millions de tonnes de zinc étaient déjà contenues dans les produits en circulation, constituant une véritable "mine urbaine" mondiale. Selon les données de l’International Zinc Association publiées en 2022, ce stock pourrait atteindre près de 490 millions de tonnes à l’horizon 2050. "Cette mine urbaine représente une ressource considérable pour l’avenir du recyclage du zinc et du zamak. Son développement constitue un enjeu à la fois environnemental et stratégique pour l’Europe, confrontée à la raréfaction des ressources minières. Il permettra aussi aux entreprises de réduire leur exposition aux fluctuations du cours du zinc", souligne Jean Gouverneyre.
Pour REAZN, l’objectif à dix ans pour le zamak est de parvenir à un cycle de production 100% closed-loop (en boucle fermée, en français) en limitant progressivement le recours au zinc primaire jusqu’à le supprimer totalement des alliages. Pour les marques, un tel modèle permettra de réduire considérablement le recours au zinc primaire, de sécuriser l’accès à une matière recyclée et recyclable de qualité et de mieux maîtriser l’empreinte environnementale de leurs emballages.





























