Franz Gilg, COO de Weckerle Holding (Photo : Weckerle)

Franz Gilg, COO de Weckerle Holding (Photo : Weckerle)

Alors que le marché mondial du maquillage a été sévèrement ébranlé par la crise liée à la pandémie de COVID-19, rien n’illustre mieux la réactivité et la flexibilité du groupe allemand que l’impressionnante capacité d’adaptation dont il a fait preuve à cette occasion. Au moment où les consommatrices boudaient les rouges à lèvres, le groupe lançait ainsi les premières productions de masques de protection de son histoire.

« Le département R&D de Weckerle Machines a rapidement mis au point un nouveau concept pour produire des masques de manière entièrement automatique », explique Franz Gilg, COO de Weckerle Holding. D’abord initiée en Chine, la production est maintenant également réalisée en Allemagne. Aujourd’hui, Weckerle Machines fournit les machines et Weckerle Cosmetics produits les masques pour ses clients et l’ensemble du groupe s’est très vite familiarisé avec un domaine plutôt éloigné de son activité historique.

« Production locale mondiale »

Cette réactivité est probablement l’atout majeur d’un groupe qui a tissé un réseau de proximité unique au monde avec des usines sur quatre continents (Europe, Asie, Amérique du Nord et Amérique du Sud) et une compétence à 360 degrés, de la fabrication des machines au full service, en passant par la conception des emballages, leur fabrication, la formulation des produits et le remplissage.

« La rapidité de mise sur le marché est une des principales attentes de nos clients et pour réduire les délais, il faut des chaînes d’approvisionnement courtes. Si tout vient de Chine, ce n’est pas possible », expliquait Thomas Weckerle, CEO de Weckerle Companies, à Premium Beauty News l’an dernier. Un discours visionnaire, à l’heure ou le néo-localisme fait florès. En 2018, le groupe inaugurait ainsi un site à Torrace, en Californie, et ouvrait l’année suivante les portes de deux de nouvelles unités de production à Ranipur, en Inde, et à Huamantla, au Mexique. Une stratégie de « production locale mondiale » sur laquelle le groupe a pu s’appuyer au plus fort de la crise.

« Aujourd’hui la situation est très différente selon les régions. En Chine, la demande repart. En Amérique du Sud, après un ralentissement brutal, les acteurs locaux de la vente directe ont réagi très rapidement et le marché s’est bien redressé. Pour mieux répondre aux besoins spécifiques de chaque marché nous avons donc décidé d’accentuer encore l’autonomie de nos filiales », explique Franz Gilg.

Avec une capacité de production de 25 millions d’unités par an, la nouvelle usine française, entièrement reconstruite après l’incendie qui a détruit le précédent site en 2018, a ainsi été conçue pour répondre aux besoins de toutes les marques.

Click’N Break

La réactivité du groupe s’appuie également sur sa capacité d’innovation. À ce niveau, l’intégration verticale est un atout considérable. Au cours des deux dernières années la toute nouvelle génération de machines de coulage, moulage et remplissage Multi Stick 3 (MS3) - à la fois plus efficace, plus rapide et plus économe en ressources - a ainsi été déployée sur ses sites en Californie, au Mexique et en Allemagne.

Côté produits, en début d’année, Weckerle a présenté Myconic, un tube de rouge à lèvre 100% mono-matériau entièrement produit à partir de plastique recyclé, et lance aujourd’hui Click’N Break un mini tube de rouge-à-lèvre à usage unique (0,04 ml) destiné à permettre aux consommateurs de tester les produits dans des conditions optimales d’hygiène et de sensorialité. Le packaging mono-matériau peut être réalisé en PET recyclé ou en PP biosourcé. Une solution biodégradable est également à l’étude. Le capuchon a été conçu pour une ouverture facile mais sécurisée, pour garantir une hygiène absolue.

Des lancements qui s’inscrivent dans la stratégie d’ancrage du groupe dans l’économie circulaire avec pour objectif de proposer, d’ici 2025, des emballages 100% recyclables ou réutilisables.