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Sociétés & industrie

Substances allergènes et parfums : Prodarom prend les devants

Le 13 décembre dernier s’est déroulée à Grasse sous l’égide de Prodarom et de l’IFRA une importante réunion sur le thème des allergènes en parfumerie. Contexte de cette réunion, un avis rendu en juillet dernier par le Comité Scientifique pour la Sécurité des Consommateurs (CSSC) qui a identifié comme allergènes une centaine d’ingrédients entrant dans la composition des parfums et cosmétiques. La Commission européenne planche actuellement sur ce sujet pour savoir si la législation doit être ou non révisée. Les bruits les plus fous ont circulés sur l’interdiction pure et simple de certaines substances qui, du coup, remettrait en cause l’existence même de certains grands parfums mondiaux. Philippe Massé, Président de Prodarom, présente à Premium Beauty News les conclusions de cette réunion grassoise. L’occasion également présenter les points forts de son organisation.

Philippe Massé, Président de Prodarom

Philippe Massé, Président de Prodarom

Premium Beauty News - Finalement, quelles ont été les conclusions de cette réunion au sommet ?

Philippe Massé - L’industrie du parfum s’est réunie à Grasse pour faire le point sur l’avancement des travaux entrepris par la commission européenne sur le dossier des allergènes dans les matières premières de parfums. Les membres de Prodarom et les représentants des organisations concernées ont échangé leurs vues et questions avec l’IFRA (International Fragrance Association)pour mieux comprendre les options possibles que la commission pourrait prendre afin de mettre en place une gestion appropriée et proportionnée du risque engendré par les allergènes tout en prenant en compte les spécificités des citoyens et de la profession. L’échange de vue a permis d’apporter des clarifications souhaitées et une parfaite compréhension du développement du dossier.

Premium Beauty News - Une vieille histoire que celle de Prodarom ! Vous en êtes le 27ème Président !

Philippe Massé - Oui, puisqu’elle remonte à 1724 avec, à cette époque, la création de ce qui s’appelle « Jurande des gantiers-parfumeurs ». Il faudra attendre le 22 décembre 1898 pour que cette appellation se change en « Syndicat des Parfumeurs-Distillateurs des Alpes-Maritimes. Près de cinquante après, le 17 janvier 1945, nouveau changement de nom avec cette appellation de « Syndicat National des Fabricants et Importateurs d’Huiles Essentielles, de Produits Aromatiques, d’Huiles d’amande et de noyaux ». Ce n’est qu’en 1974 que nous devenons « Prodarom, syndicat national des fabricants de produits aromatiques ». Enfin le 21 juin 2012, « PRODAROM Membre IFRA » syndicat national des fabricants de produits aromatiques.

Premium Beauty News - Quel est le poids économique de Prodarom aujourd’hui ?

Philippe Massé - Cinquante trois entreprises sont adhérentes de Prodarom, ce qui représente environ 75% de l’activité française du secteur pour un chiffre d’affaires total d’environ 760 millions d’euros en 2011 (dont 575 Millions pour les matières premières et compositions pour la parfumerie). Je rappelle que le chiffre d’affaires Parfums et Arômes en France est estimé à 1,4 Milliard euros en 2011. L’effectif total salarié (Arômes et Parfums) est estimé à 6000 salariés.

Premium Beauty News - Quelles sont les principales activités de vos adhérents ?

Philippe Massé - Elles sont assez vastes. On les trouve essentiellement dans la production d’extraits à partir de sources aromatiques naturelles (végétales et animales), la purification de ces extraits, l’extraction d’espèces chimiques définies (isolats) à partir des extraits naturels, la modification des isolats par voie chimique (hémi-synthèse), la synthèse d’espèces chimiques aromatiques définies (synthèse), et, bien sûr, dans la commercialisation des différents ingrédients, ou de combinaisons plus ou moins élaborées de ces ingrédients (« bases » - « spécialités »), sans oublier la création et la commercialisation de « compositions parfumantes », enfin les mélanges complexes constitués des divers ingrédients précités, utilisables en l’état pour parfumer les différents produits finis (parfumerie alcoolique de luxe, cosmétiques, savons, détergents, produits ménagers... ).

Premium Beauty News - Quels sont finalement votre rôle et votre mission ?

Philippe Massé - Prodarom est un syndicat sectoriel au sein de l’Union des Industries Chimiques. Il assure pour l’ensemble de ses adhérents au niveau national la représentation ainsi que la défense des intérêts des Industriels de la Parfumerie auprès des autorités de tutelle, c’est-à-dire le Ministère de l‘économie et des Finances, le Ministère du Redressement Productif et le Ministère de l’Agriculture. Mais aussi auprès du Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, du Ministère du Travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, du Ministère de l‘Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie.

Nous représentons la profession auprès de très nombreux organismes, dont l’UIC (Union des Industries Chimiques), du MEDEF (Mouvement des Entreprises de France), l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, fusion de AFSSa et AFSSET), l’ANSM (ex AFSSaPS, Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé), sans oublier la FEBEA (Fédération des Entreprises de la Beauté/Département Réglementaire), COSMED (Association de la Filière Cosmétique), l’AFISE (Association Française des Industries de la Détergence de l’Entretien et des Produits d’Hygiène Industrielle). Même représentation auprès des Universités, et de l’ISIPCA dont Prodarom est membre du conseil de gestion et membre du conseil de perfectionnement.

Prodarom est également membre du Conseil Spécialisé PPAM de FranceAgriMer (Établissement national des produits de l’agriculture et de la mer), et du CIHEF (Comité Interprofessionnel des Huiles Essentielles Françaises).

Premium Beauty News - Vous avez également une représentation au niveau européen, et même mondial ?

Philippe Massé - Absolument ! Nous défendons la profession auprès des autorités communautaires, et, bien sûr, au niveau mondial grâce à notre représentation à l’IFRA (International Fragrance Association) qui assure la cohérence des activités professionnelles et des mesures d’autodiscipline relatives à ces activités.
Je souhaite aussi mentionner les excellents contacts de Prodarom avec EFEO (European Federation for Essential Oils) qui assure collecte et diffusion auprès de ses adhérents des informations de toute source et de toute nature (législation, statistiques...).

Premium Beauty News - Sans parler de votre activité sur le plan local !

Philippe Massé - Au titre de cette activité locale, nous assurons à nos Adhérents la représentation auprès des Autorités Municipales, Départementales, Régionales, Européennes, c’est-à-dire les élus (maires/Députés/Sénateurs), le CODERST (Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques), la médecine du Travail, la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement), la CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie), et l’Union Patronale UPE 06.

Nos commissions au sein de Prodarom sont la CES (Commission d’Études Sociales, chargée de l’harmonisation du traitement social des salariés de la Profession, le COTARP (Comité Technique d’Application des Règlements de la Parfumerie), dont le rôle principal est de faire participer les sociétés aux prises de position de la Profession dans le domaine réglementaire, le CST (Commission Scientifique et Technique, composée de spécialistes de l’analyse, leader dans le domaine de la normalisation nationale (AFNOR) et internationale (ISO) des méthodes d’analyse des huiles essentielles, et le GT HSE (Groupe de Travail Hygiène-Santé-Environnement), l’ASFO (Organisme de Formation Professionnelle, spécialisé dans le domaine de l’Aromatique), le GIP (Grasse Institute of Perfumery, division de l’ASFO, est une Association émanant de Prodarom).

Premium Beauty News - Vous avez même votre propre organisme de formation !

Philippe Massé - Le monde des parfums, des arômes et de la cosmétique est en constante évolution, tant sur le plan technologique et réglementaire que sur le plan des ingrédients. Pour les entreprises de la branche, ces mutations se traduisent par de véritables défis au quotidien.

Depuis 1972, l’ASFO-Grasse, s’est donc donné comme objectif d’accompagner, de conseiller et de former tous les acteurs de la branche. Car nous sommes convaincus que la réussite d’une entreprise est indissociable du niveau de compétence de ses salariés. L’ASFO-Grasse assiste donc les entreprises de la chimie fine à tous les niveaux du cycle de gestion prévisionnels des emplois et des compétences :

  • en réalisant des études sur l’emploi et la qualification (en partenariat avec la DDTEFP, le pôle PASS),
  • en participant au recrutement et à la qualification des futurs salariés de la branche (formations en alternance),
  • en participant à l’amélioration des connaissances et des compétences des salariés en poste (formation continue, Droit Individuel à la Formation)
  • en permettant à certains salariés d’acquérir des titres ou des diplômes (Congé Individuel de Formation, aide à la VAE)
  • en intervenant en période difficile pour anticiper les mutations industrielles et préparer les transitions professionnelles,
  • en participant à la réinsertion des demandeurs d’emploi (en partenariat avec le pôle Emploi et le Conseil Régional PACA)
  • en faisant rayonner au niveau international la notoriété de Grasse, capitale de la Parfumerie, au travers de l’École Internationale de Parfumerie (Grasse Institute of Perfumery).

Cette formation au GIP s’attache à développer les connaissances fondamentales permettant d’appréhender les différentes étapes qui conduisent à la création d’un parfum, à connaître et savoir utiliser à bon escient les matières premières, plus particulièrement les naturelles dont Grasse fit longtemps sa renommée, à apprendre le langage du parfum et savoir classer et reconnaître les grandes familles d’odeurs, à découvrir et savoir bâtir les accords, qui sont l’essence de l’art de composer, à se former à l’art subtil de la composition. Mais d’autres disciplines, aujourd’hui essentielles au métier de parfumeur – créateur, sont également abordées. La connaissance de la législation internationale de la parfumerie et des produits cosmétiques, la maîtrise des principes modernes d’analyse (chromatographie en phase gazeuse et spectrométrie de masse), la parfumerie fonctionnelle (shampoings, gels douches, crèmes…) sont aussi au programme de l’Institut.

Premium Beauty News - Cette formation se déroule sur combien de temps, et quel est son coût ?

Philippe Massé - la formation d’élève parfumeur se déroule sur neuf mois, de février à juin et de septembre à décembre. Elle comprend 972 heures de formation dispensés, en langue anglaise, par des professionnels (parfumeurs – créateurs ou techniciens), entrecoupés de visites d’usines, de laboratoires et d’exploitations de plantes à parfums (jasmin, rose de mai, lavande, mimosa…). Son coût est de 11.900 euros. L’effectif est limité à 12 personnes, sélectionnées pour leurs capacités olfactives et leur créativité. A ce jour 115 personnes de 27 nationalités différentes ont suivi la formation avec un taux de placement supérieur à 90%.

Premium Beauty News - Un mot sur le pôle PASS et la plateforme ERINI au sein desquelles Prodarom est impliqué. Où en est-on ?

Philippe Massé - Vous savez que le Pôle PASS ambitionne de devenir un pôle international de référence pour la caractérisation, l’évaluation et la production des extraits naturels utilisés dans l’industrie aromatique et cosmétique.

Le Pôle PASS est basé sur une logique d’intégration verticale. Il est composé de la totalité de la chaîne de valeur de cette filière, historiquement présente sur l’ensemble de la région, depuis la culture des plantes à parfum et aromatiques, jusqu’à la production d’ingrédients aromatiques et leur formulation dans des produits finis.

Ces ingrédients aromatiques s’adressent à quatre grands secteurs industriels aux marchés majeurs : la parfumerie alcoolique, les produits cosmétiques, les détergents et les produits agro-alimentaires.

Par ailleurs, la maîtrise des substances naturelles complexes constitue un véritable défi pour la filière. Elle exige en effet des technologies et des compétences scientifiques de très haut niveau pour répondre aux besoins de caractérisation, de quantification et d’authentification des extraits.

La plateforme ERINI a été créée pour répondre précisément à ce besoin, par le Pôle de compétitivité PASS (Parfums Arômes Senteurs, Saveurs), le CNRS, l’Université de Nice Sophia Antipolis et le syndicat professionnel Prodarom.

Elle se situe à Grasse, au sein de l’Espace Jacques-Louis Lions, sur le site emblématique de l’ancienne usine Roure, aux côtés d’Innovagrasse (pépinière d’entreprises innovantes) et du Master Foqual (Formulation Qualité Analyse).

Dispositif partenarial de recherche publique et privée, l’ambition de cette plateforme est de devenir un laboratoire international d’excellence dans le domaine de la caractérisation des extraits naturels, avec 3 thèmes majeurs de recherche :

  • l’étude des mécanismes de dégradation des produits de la filière aromatique (ex : réactions d’oxydation) et la caractérisation de sous-produits témoins du vieillissement et/ou potentiellement allergisants.
  • l’identification et la quantification des substances dans les extraits pour, d’une part, améliorer la valorisation des matières premières naturelles vers d’autres marchés (pharmaceutiques, nutraceutiques, etc.), d’autre part, maîtriser leur qualité (recherche des produits ou résidus de contamination).
  • l’authentification du naturel (naturalité) pour garantir l’origine et la qualité des extraits, et ainsi déjouer les opérations frauduleuses.

Propos recueillis par Jean-Yves Bourgeois

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