Faire d’une pierre deux coups en réduisant ses émissions de gaz à effets de serre tout en réalisant des économies ? C’est le pari que tente Sincoplas, transformateur français de plastique spécialisé dans l’injection de pièces destinées au packaging parfumerie-cosmétique qui emploie 100 personnes sur son site de production. « La réalisation d’un bilan carbone répondait à plusieurs motivations, explique Patrice Lhomme, Directeur Commercial, « il s’agissait évidemment d’apporter notre modeste contribution à la préservation du climat, d’agir en acteur responsable contre le réchauffement climatique, mais aussi de répondre à la demande de nos clients et, pourquoi pas, de réaliser des économies. »

Contrairement aux entreprises de plus de 500 salariés [1], les PME n’ont pas d’obligations particulières en matière de bilan carbone. Mais pour Sincoplas, il s’agissait d’un choix stratégique. « Au-delà des questions environnementales, nous nous sommes dits que ce pouvait être l’occasion de réduire nos coûts, tout en anticipant les risques financiers, liés à la hausse des prix de l’énergie et à la mise en place d’une taxe carbone. »

Périmètre du bilan carbone de Sincoplas

Périmètre du bilan carbone de Sincoplas

Pour réussir à concilier ces différents objectifs, Sincoplas s’est orienté vers la société Discover, un prestataire spécialisé dans la réduction des coûts et l’optimisation des ressources pour lequel, dans un marché concurrentiel, l’engagement responsable doit être concilié avec la nécessaire croissance des entreprises. « Nous nous sommes dits que, sur la base du bilan carbone, nous pourrions identifier des sources de surconsommation et donc atteindre plus facilement nos objectifs de réduction des coûts. Cela correspond parfaitement à la démarche de Discover qui se rémunère sur les réductions de coûts qu’il préconise,  » poursuit Patrice Lhomme.

À partir de la méthode Bilan Carbone développée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), Sincoplas a ainsi pu évaluer ses émissions de gaz à effet de serre à environ 2107 tonnes d’équivalents CO2 avec comme principaux postes d’émission, les intrants (38% du total), suivi des futurs emballages (26%) et des énergies (15%).

Diminution de 19%

Pour réduire ces émissions, quatre axes de travail ont été définis :

-  la consommation d’énergie (amélioration des équipements, meilleure isolation du site de production, etc.),
-  les emballages (alternative au film thermo rétractable, diminution de l’utilisation du thermoformé),
-  les déplacements (mise en place d’une formation sur l’éco conduite),
-  les matières premières (étude de matière alternative permettant une baisse des émissions de gaz à effet de serre tout en conservant les mêmes qualités mécaniques et physiques).

Une fois mis en œuvre, l’ensemble de ces actions devrait générer une diminution des émissions de gaz à effet de serre de 19% à court et moyen terme. « Pour plusieurs postes nous réaliserons également des économies grâce à une diminution de certains gaspillages. Même si nous n’avons pas trouvé un gisement considérable de réduction des coûts à l’issue de ce bilan carbone. »

Sincoplas effectuera un nouveau bilan carbone dans deux ans, de manière à évaluer l’impact des actions entreprises. Mais l’expérience est déjà positive, selon Patrice Lhomme. « En termes de motivation d’abord. Tous les services ont participé, les résultats ont été présentés à tout le personnel et le plan d’actions a été préparé avec tous les chefs d’équipe. » Surtout, Sincoplas considère ce type d’action comme un investissement d’avenir. « Nos clients tendent de plus en plus à intégrer l’impact environnemental de leur grille de sélection des fournisseurs. La réduction des émissions de gaz à effet de serre, au même titre que l’éco-conception, va devenir la norme. L’une ou l‘autre de ces exigences est maintenant systématiquement présente dans les briefs que nous recevons. »

Alors autant commencer tôt pour ne pas avoir à se précipiter et à subir. D’autant qu’il n’est pas toujours simple de concilier des demandes parfois contradictoires. « Dans notre secteur, la variable environnementale vient s’ajouter à une forte pression sur les prix, combinée à la nécessité de se montrer intransigeant sur les codes du luxe. La seule solution est d’agir avec méthode en se donnant le temps de trouver les meilleures solutions techniques, » Patrice Lhomme.