L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a été chargée en 2009 de réévaluer les risques associés à certaines substances contenues dans les produits cosmétiques et soupçonnées d’effets reprotoxiques ou perturbateurs du système endocrinien.

Parmi les substances concernées par cette réévaluation figure la benzophénone-3 (ou oxybenzone) [1], une substance très couramment utilisée comme filtre UV dans les produits de protection contre le soleil, mais qui est par ailleurs suspectée d’être un perturbateur endocrinien.

oxybenzone ou benzophénone-3

oxybenzone ou benzophénone-3

La réglementation européenne autorise [2] actuellement l’utilisation de la benzophénone-3 à une concentration maximale de 10 % en tant que filtre UV dans les produits cosmétiques. Toutefois, l’Afssaps rappelle que le comité scientifique européen pour la sécurité des consommateurs avait recommandé en 2008 [3] que ce seuil soit abaissé à 6%, mais que la Commission n’a pas encore traduit cette recommandation dans les textes.

Après examen des études in-vitro et in-vivo disponibles, l’Afssaps confirme qu’une restriction d’utilisation de la benzophénone-3 à la concentration maximale 6% permet de garantir la sécurité d’utilisation des produits cosmétiques par les adultes. L’agence précise toutefois qu’à ce taux la marge de sécurité calculée pour les enfants jusqu’à l’âge de dix ans est inférieure à 100 et donc insuffisante pour garantir l’innocuité des produits.

L’Afssaps a transmis ses conclusions à la Commission européenne pour que la réglementation applicable aux produits cosmétiques soit effectivement modifiée. Dans cette attente elle recommande aux industriels de limiter chez l’adulte l’incorporation de la benzophénone-3 dans les produits cosmétiques à une concentration maximale de 6% en tant que filtre UV (0,5% en tant que protecteur des formules) et de ne pas l’utiliser chez les enfants jusqu’à l’âge de dix ans à la concentration de 6%. Interrogée par Premium Beauty News, l’Afssaps précise qu’il «  est de la responsabilité de l’évaluateur de la sécurité de s’assurer que la marge de sécurité est supérieure à 100 pour que celle-ci soit considérée comme sans risque pour le consommateur. »