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Science, R&D

Quelles pistes pour lutter contre le photo-vieillissement ?

Pour sa 5ème rencontre sur le solaire et le vieillissement cutané, la Société française des antioxydants (SFA) a rassemblé, le 15 novembre dernier, une cinquantaine de personnes, autour de chercheurs, d’académiciens et d’industriels pour débattre des dernières innovations scientifiques et présenter des pistes de recherche et de développement pour l’avenir.

Le soleil est ambivalent : indispensable à la santé, d’une part, source de risques, d’autre part. Ses effets sont bénéfiques sur l’humeur par la synthèse d’endorphines, sur la santé avec l’induction de la synthèse de la vitamine D, mais il cause aussi des dommages sévères à la peau et aux yeux.

Dans les pays occidentaux, les comportements et habitudes en matière d’exposition au soleil ont fortement évolué au cours des dernières décennies. À partir des années 1930, la méfiance traditionnelle vis-à-vis du soleil cède peu à peu la place à un désir de bronzage qui s’accompagne d’une exposition accrue au soleil, elle même ensuite corrélée à une recrudescence de l’immunosuppression, du nombre de cancers cutanés, de l’accélération du vieillissement de la peau.

Antioxydants et photo-vieillissement

En ce qui concerne le photo-vieillissement, les marqueurs les plus simples, selon le Dr Marwin Edeas, président de la SFA, en sont « les radicaux libres et les ROS (formes réactives de l’oxygène ou reactive oxygen species) mais on note aussi une diminution de la longueur des télomères et la détérioration des mitochondries  ».

Les rayons solaires, selon leur nature, pénètrent plus ou moins profondément dans les couches de la peau générant des photoproduits et des radicaux libres. Mesurer les produits issus de ce stress oxydant est d’un grand intérêt pour les chercheurs désireux de connaître la réactivité des mécanismes induits et de fournir à la peau des antioxydants adaptés.

« Nous avons suffisamment de données mécanistiques, épidémiologiques et pathophysiologiques pour nous assurer du lien existant entre le stress oxydant et les pathologies cutanées,  » a assuré le Dr Olivier Sorg du Service de Dermato-Toxicologie de l’Université de Genève. Il considère en revanche que « fournir à la peau des anti oxydants n’a d’intérêt que s’ils sont bien choisis, administrés au bon moment et au bon endroit. »

Un vrai challenge. Surtout quand on sait que les études montrant l’intérêt de l’application topique de ces molécules sont souvent issues de tests in vitro. Très peu d’études cliniques existent or, le Dr Sorg en est convaincu, « la réactivité des molécules in vitro est différente dans un système in vivo, le micro environnement est très important  ».

Une autre difficulté provient de la non homogénéisation des méthodes de mesure sur les produits d’oxydation. « Les méthodes employées telles que les dosages tissulaires, la photométrie, les mesures spectrométriques… diffèrent suivant le système sur lequel on travaille, » a ainsi expliqué le Dr Olivier Sorg.

Malgré tout, le fort potentiel des molécules anti oxydantes est généralement admis. Pour le Dr Marwin Edeas stimuler la synthèse endogène des antioxydants permettrait d’atteindre des cibles difficiles comme les mitochondries, et d’ajuster le dosage en fonction de l’individu. En effet, « chaque personne a ses propres besoins en anti-oxydants qui dépendent de leur morphologie et de leur métabolisme. »

Un savant équilibre est à trouver, d’autant qu’il ne faut pas lutter totalement contre les radicaux libres, une petite fraction de ceux-ci se trouvant en effet impliquée dans des mécanismes cellulaires nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme. Un caractère ambivalent que l’on retrouve aussi, selon Matthias Schafer, du Department of Biology de l’Institute of Cell Biology ETH Zurich dans le facteur de transcription Nrf2. Activé sous certaines conditions il protège la peau du stress oxydant mais sous d’autres il perturbe les fonctions cellulaires au niveau de l’épiderme, des follicules pileux et des glandes sébacées.

Et demain ?

Toutes ces questions relatives au photovieillissement ne trouveraient-elles pas une réponse dans l’oubli du vieillissement ? C’est en tout cas la piste explorée par Stéphanie Lacour, de la Bertarelli Foundation Chair in Neuroprosthetic Technology à Lausanne. Avec son équipe, elle travaille sur une peau de remplacement appelée peau électronique qui a pour but de mimer les fonctions sensorielles de cet organe et de le mettre en connexion avec le système neuronal. À ce jour, ces recherches sont au stade de la mise au point de capteurs ayant des aptitudes de déformation proches de celles de la peau. Pour cela des technologies propres à la microélectronique ont été adaptées à des supports ultra souples.

De son côté Nicolas Fortunel du service « Cellules souches et radiation » du Genopôle d’Evry a démontré l’immense potentiel de régénération des cellules souches tissulaires dont les kératinocytaires par des études de clonogénicité, de capacité de reconstruction tissulaire en 2D et 3D. Pour Nicolas Fortunel « la cellule n’a pas besoin de rajeunir mais de préserver son environnement cellulaire » or les rayonnements ionisants, les UV sont de grandes sources de stress génotoxiques.

Pour conclure la journée, la société Berkem a mis en avant son nouvel actif Origa’light, les Laboratorios Cinfa le Be Cell Energy Booster tandis qu’ ICDD (Innovative Concept in Drug Development) présentait une méthode Mitosafe® pour évaluer l’action d’un anti oxydant sur les fonctions mitochondriales.

Régine Frick

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