Les transformateurs de plastique en France ont vu leurs ventes continuer de décliner en 2024 face à la concurrence des importations asiatiques et en raison de la transition de certains clients vers d’autres matériaux. Rassemblés dans l’organisation professionnelle Polyvia, les fabricants espèrent avoir touché un "plancher" en 2025.
À près de 35 milliards d’euros en 2024, ces ventes ressortent en recul de 4% par rapport à 2023, selon le bilan annuel de l’organisation publié jeudi 15 janvier. Le chiffre d’affaires du secteur recule depuis 2022, mais reste supérieur à la période d’avant la pandémie de Covid-19.
"Panne de la demande"
Les plasturgistes français, qui revendiquent 2935 usines et 120.500 salariés, disent se trouver "confrontés à la panne de la demande à l’échelle européenne et mondiale, qui pèse de plus en plus lourdement sur leur activité".
L’année 2025 a été "compliquée pour les plasturgistes et transformateurs de composites français", selon Polyvia, qui s’appuie pour ce constat sur un sondage de ses adhérents, dont plus de la moitié ont déclaré une activité moins bonne que prévu sur la première moitié de l’année écoulée.
Les fabricants français d’emballages plastiques ont ainsi assisté à une dégradation régulière de leur chiffre d’affaires, indique Polyvia, avec une baisse de près de 10 points entre 2022 et 2024. L’industrie des cosmétiques a pesé sur cette tendance, par une réduction importante de ses achats d’emballages plastiques en France sur les segments du masstige et du luxe. Une situation qui s’explique "potentiellement par le plastic bashing", indique l’organisation. Les marques auraient ainsi préféré d’autres matériaux – verre, aluminium ou carton, par exemple – afin de réduire la part de plastique dans leurs emballages. On peut imaginer que le développement des solutions de recharge a également joué un rôle.
Prudence pour 2026
Pour 2026, "l’ensemble des industriels, quels que soient leurs secteurs de marché, misent plutôt sur un maintien de leur activité", ce qui fait espérer à la profession "qu’un plancher aurait été atteint en 2025". Toutefois, selon le syndicat professionnel, la situation géopolitique incite à la "prudence" et "la croissance ne sera toujours pas au rendez-vous si rien n’est fait pour soutenir les entreprises".
Assurant que "quand la plasturgie va bien, c’est un indicateur que tout va bien également", le président de l’organisation Pierre-Jean Leduc, également président de Demby Group, s’est notamment réjoui que le sujet de "la préférence européenne", longtemps "quasi inexistant", s’invite à l’agenda des discussions en France et en Europe.
Cette demande est formulée alors que la Chine est devenue en 2024 le deuxième fournisseur de produits en plastique en France, derrière l’Allemagne, gagnant trois places en un an. La Chine représentait 12,6% des importations françaises de plastique en 2024, contre 17,3% pour l’Allemagne.























