L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a interdit lundi 31 août la publicité et la commercialisation en France du produit "FastPen 40 mg", vendu sur le site www.azentralabs.com de la société AZRL Ltd. Cette décision fait suite à un renforcement de la surveillance des peptides illicites vendus en ligne, des molécules faisant l’objet d’allégations le plus souvent non-démontrées sur leurs bienfaits pour des performances sportives ou contre le vieillissement.
Ces molécules sont notamment promues sur les réseaux sociaux par de jeunes hommes férus de musculation témoignant de prétendus effets miraculeux sur leur corps. Depuis plusieurs mois, de nombreux peptides synthétiques (BPC-157, TB-500, GHK-Cu, Retatrutide), interdits mais en vente sur certains sites, sont promus par des influenceurs et dans des salles de musculation, notamment pour perdre de la graisse, gagner du muscle ou mieux récupérer.
Les peptides vendus en ligne illicitement "peuvent être dangereux" et ne doivent pas être utilisés, rappelle l’ANSM dans un communiqué. La société AZRL Ltd est "tenue de procéder au rappel dans les meilleurs délais de ce produit, en tout lieu où il se trouve", précise l’agence. Sa forme (stylo injecteur) pourrait laisser croire au consommateur moyennement avisé qu’il serait en présence d’un médicament, note-t-elle.
Le 22 juillet, le gendarme français du médicament avait déjà interdit la vente et la publicité pour deux autres produits commercialisés en ligne par la même société : "Azentra Retatrutide 40mg" et "Azentra FastPen", là encore "jusqu’à leur mise en conformité à la réglementation".
Les peptides désignent une large catégorie de molécules qui font actuellement l’objet de nombreuses allégations, largement infondées, sur leurs bienfaits. Ce sont de petites chaînes d’acides aminés qui s’assemblent pour constituer les protéines de notre organisme. Reproduites en laboratoire, elles servent de principes actifs à des médicaments bien connus : l’insuline ou, plus récemment, les anti-obésité de type GLP-1. Mais elles sont aussi vantées, sur certains réseaux sociaux ou des sites commerciaux, pour des bienfaits jamais démontrés scientifiquement : améliorer les performances sportives, ralentir le vieillissement, améliorer la mémoire...
L’ANSM dit avoir déjà reçu une "dizaine de signalements", dont des hospitalisations, liés à l’utilisation de peptides illégaux. Achetés en ligne, ces produits échappent au circuit pharmaceutique contrôlé et leur composition ou concentration ne sont donc pas garanties. Leur utilisation "peut entraîner de graves problèmes de santé", précise l’agence.
Globalement, "les peptides sont associés à toutes formes de promesses spectaculaires", qu’ils soient vendus en crème, injections ou sous forme de compléments alimentaires, observait l’INSERM dans une note publiée début 2026. Or "à ce jour, aucun essai clinique de grande ampleur, randomisé et contrôlé, mené chez l’humain, n’a confirmé ces effets pour ces usages, et certains peptides présentent même des risques bien réels pour la santé", avertissait l’organisme de recherche scientifique public.
S’il est difficile de quantifier le nombre d’amateurs de peptides, il existe "une configuration plutôt favorable à la diffusion de ces consommations", suffisante pour "sonner l’alerte", estime Fabien Ohl, sociologue du sport à l’Université de Lausanne. Il évoque une perception du corps "comme un capital" à valoriser, et une "vision biologisante" de l’homme, qui pourrait "améliorer" son physique "grâce aux sciences" et à "la consommation de substances chimiques".

























