Rien ne destinait Marc-Antoine Barrois à lancer une collection de parfums. Mais à la suite des attentats de 2015, le couturier souhaite conserver un lien avec sa clientèle internationale moins présente à Paris. Après une rencontre inspirante avec le parfumeur Quentin Bisch, une première fragrance signature B683 voit le jour. Expédié aux clients les plus fidèles et lancé chez Colette, à Paris, cet accord cuiré ambré et boisé, dont le nom s’inspire de l’astéroïde du Petit Prince de Saint-Exupéry, rencontre un succès inattendu malgré une production confidentielle. Cet enthousiasme amène le couturier à développer d’autres fragrances.

Une alchimie créative féconde

Cinq parfums, deux extraits et trois bougies sont nées du dialogue entre le parfumeur et le couturier ; une complicité artistique, nourrie par des références culturelles et des repères olfactifs communs. Marc-Antoine Barois imagine une histoire, que Quentin Bisch traduit en parfum. Aucun service marketing n’intervient dans cet échange fructueux.

La notoriété de la marque s’installe véritablement avec Ganymède, lancé en 2019 : un clair-obscur entre une envolée hespéridée et les lueurs sombres du cuir, relevé d’épices et d’immortelle. Cette création, devenue un best-seller, reçoit en 2020 le prix du Jury des Experts de la Fragrance Foundation France et de la Fragrance Foundation Royaume-Uni. (dans les catégories Marque de Niche Indépendante et Parfum Extraordinaire).

Suivront B683 Extrait (2020), Encelade (2022), Ganymède Extrait (2023), Tilia (2024), autre best-seller de la marque, et Aldebaran l’an dernier. Pensée dans une logique écoresponsable – circuit de production local, absence de plastique – la gamme est formulée sans colorants, sans perturbateurs endocriniens ni filtres UV. Côté fournisseurs, la marque travaille avec Stoelzle Masnière pour les flacons, et Coverpla pour les capots.

2025, une année prolifique

Dernière création à ce jour, la fragrance Aldebaran a été dévoilée en 2025 lors de la Design Week de Milan à travers une installation monumentale et immersive baptisée « Mission Aldebaran ». Réalisée avec l’artiste Antoine Bouillot, cette œuvre a remporté le prix de la Meilleure Installation. Celle-ci révélait toute la pluralité de la Maison, entre Haute Couture, parfum et art contemporain.

En 2025, la marque s’est aussi implantée au Moyen-Orient, (Émirats Arabes Unis, Arabie Saoudite). Un marché très porteur où elle réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires 300% supérieur à ses prévisions initiales.

Cap sur la croissance en 2026

Marc-Antoine Barrois s’apprête à ouvrir le 16 avril sa toute première boutique à New York. Un espace de 350 m² qui incarne l’esprit de la marque à 360° : design, prêt à porter, bijoux et parfums. Conçu comme un dédale de pièces et d’univers propice à l’émerveillement, ce lieu se veut un terrain d’expression libre et sincère pour le créateur. Animé par des installations artistiques, il prend place à SoHo, le quartier le plus européen de la ville, en phase avec l’image de la maison. Un triangle d’or du parfum en devenir, où ce flagship côtoie les boutiques de Chanel, Issey Miyake et Amouage.

Après s’être récemment implantée au Mexique, la maison se développe au Brésil, avec l’ouverture prochaine d’un point de vente à São Paulo. Marc-Antoine Barrois renforce également sa présence en Asie avec le lancement de corners en Chine.

Côté produits, le créateur vient de dévoiler une exclusivité pour Harrods, B87.135 Extrait. Clin d’œil à l’adresse du célèbre department store londonien, ce deuxième extrait explore une nouvelle facette de B683, né en 2016. Une manière de célébrer dix ans de parfumerie.

Marc-Antoine Barrois, qui ne comptait qu’une dizaine d’employés en 2023, rassemble désormais une équipe d’environ 90 personnes. Aujourd’hui distribuée dans 500 points de vente, la maison doit notamment cette expansion au succès de sa gamme de parfums. Quant à la Haute Couture, elle reste l’exclusivité de son flagship parisien, 14 rue du Faubourg Saint-Honoré.