Qu’est-ce qui vous a inspiré à poursuivre une carrière dans l’industrie de l’emballage ?

Charlie Bradley - Ces quatre dernières années, travailler aux côtés de l’industrie et du monde académique m’a montré toute la complexité du passage à une économie circulaire. J’ai notamment constaté à quel point la transparence des données est essentielle pour permettre le développement et la pérennisation des systèmes de réemploi.

Ce sont ces défis — et la recherche de solutions concrètes — qui m’animent au quotidien.

Quel est l’un des plus grands défis que vous avez rencontrés en tant que jeune leader dans le secteur de l’emballage ?

Charlie Bradley - Créer des relations professionnelles solides.
Au début de ma carrière, je n’osais pas vraiment prendre contact avec les leaders du secteur : des personnes ambitieuses, dont la vision façonne déjà l’avenir de l’emballage durable.

J’ai finalement découvert que beaucoup d’entre eux sont très ouverts au partage et conscients de l’importance de transmettre leur expertise. Cette expérience m’a appris que la collaboration est indispensable pour rendre les solutions de réemploi plus accessibles, plus efficaces et plus facilement déployables.

Si vous pouviez changer une idée reçue sur l’emballage, laquelle serait-ce ?

Charlie Bradley - L’idée selon laquelle « le plastique est forcément mauvais ». On pense souvent que tout matériau alternatif est automatiquement meilleur, mais ce n’est pas vrai dans le cadre du réemploi. Les matériaux premium — acier inoxydable, verre — ont des coûts environnementaux et économiques plus élevés à la fabrication et nécessitent davantage de cycles pour devenir durables.

Lorsqu’ils sont correctement gérés et maintenus en circulation, les plastiques peuvent constituer une solution très performante et à faible impact. Il ne faut pas les exclure par principe, mais les considérer à leur juste place dans des systèmes responsables de réemploi.

Cette année marque les 25 ans de la Paris Packaging Week. Quel héritage espérez-vous que cette nouvelle génération de Future Leaders laisse pour les 25 prochaines années ?

Charlie Bradley - Nous sommes à un moment charnière : nous ne pouvons plus dépendre des emballages à usage unique au rythme actuel. Il faut changer de point de vue, passer de la logique de confort immédiat à celle de responsabilité collective. J’espère qu’au cours des 25 prochaines années, le réemploi deviendra une évidence, une habitude naturelle du quotidien et non plus un effort conscient.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes professionnels qui débutent leur carrière dans l’emballage ?

Charlie Bradley - N’ayez jamais peur de poser des questions. Revenir aux fondamentaux est parfois essentiel pour prendre les bonnes décisions de design. Et surtout : prenez votre temps. Mettre en place de nouveaux systèmes est un marathon, pas une course.

Que signifie pour vous d’être sélectionné comme Future Leader ?

Charlie Bradley - Être sélectionné comme Future Leader est une véritable opportunité de contribuer de manière concrète à un avenir plus durable. Cela me permet de promouvoir les systèmes réutilisables et d’orienter les discussions vers des solutions pragmatiques et de long terme.

Je suis également enthousiaste à l’idée d’échanger avec d’autres leaders et jeunes talents engagés, de confronter nos points de vue et de m’inspirer de leurs expériences pour renforcer mon impact.

Pouvez-vous partager un exemple de design, d’innovation ou de marque d’emballage que vous considérez comme vraiment iconique - et pourquoi ?

Charlie Bradley - Les bouteilles en verre Coca-Cola sont les premières qui me viennent à l’esprit.
Enfant, j’achetais parfois une bouteille chez mon vendeur local et je la rapportais ensuite pour récupérer quelques pièces — sans me rendre compte que je participais déjà à un système de consigne.

Le design de la bouteille Coca-Cola est emblématique. Sa silhouette est reconnue partout dans le monde, dans les pays développés comme dans les pays en développement. Pendant longtemps, il était parfaitement normal que ces bouteilles soient utilisées, retournées, rechargées, puis revendues. Alors pourquoi sommes-nous passés au tout-jetable ?

Je pense que les grandes marques ont aujourd’hui la responsabilité — et les moyens — de proposer des solutions durables à la crise de l’emballage. Elles ont le capital, l’influence et, espérons-le, la volonté d’opérer un véritable changement.

Charlie Bradley et les autres Future Leaders seront présents lors de la prochaine Paris Packaging Week, les 5 et 6 février 2026 à Paris Expo, Porte de Versailles, Hall 1. Cliquez ici pour vous inscrire et recevoir votre badge d’entrée gratuit dès aujourd’hui.