Inflammation pulmonaire

Selon une étude publiée par une équipe de chercheurs franco-suisse dans les Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS), « l’inhalation de nano-TiO2 provoque une inflammation des poumons. » Les auteurs de l’étude ajoutent que « l’utilisation actuelle du nano-TiO2 peut présenter un danger pour la santé en raison de sa capacité à induire un signal IL-1R, une situation qui rappelle l’inflammation provoquée par l’exposition à l’amiante. »

En fait, les chercheurs du Département de biochimie de l’Université de Lausanne, en Suisse, et du Laboratoire d’immunologie moléculaire et embryologie, de l’Université d’Orléans, en France, ont étudié le potentiel inflammatoire des nanoparticules de TiO2 en les testant sur des cellules humaines et des expériences de laboratoire sur des souris. Ils ont constaté que les nano-TiO2 peuvent causer une inflammation pulmonaire via des mécanismes biologiques très similaires à l’amiante et au silicone, ce qui libère des molécules capables d’attaquer l’ADN, les protéines et les membranes cellulaires.

Jürg Tschopp, Professeur de biochimie à l'Université de Lausanne

Jürg Tschopp, Professeur de biochimie à l’Université de Lausanne

Jürg Tschopp, principal auteur de l’étude et professeur de biochimie à l’Université de Lausanne, a déclaré aux médias suisses que les particules d’amiante et de nano-TiO2 agissent de façon très similaire et peuvent s’accumulent dans les poumons. Selon le professeur Tschopp plus de prudence est nécessaire pour limiter l’absorption de ces particules au travail et dans la vie quotidienne.

Largement utilisé substance

Le dioxyde de titane est largement utilisé comme pigment pour apporter de la blancheur et de l’opacité dans des produits tels que les peintures, les revêtements, les plastiques, les papiers, les encres, les aliments, les médicaments (pilules et comprimés), ainsi que dans la plupart des dentifrices. Les nanoparticules de dioxyde de titane sont de plus en plus utilisées dans différents domaines, y compris les peintures, la biomédecine, l’électronique et les écrans solaires.

La littérature scientifique des fait état d’une augmentation de l’incidence des maladies respiratoires chez les personnes exposées au dioxyde de titane et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé les poussières de dioxyde de titane comme cancérogène possible pour les humains (CIRC Groupe 2B) lorsqu’elles sont inhalées.

Le dioxyde de titane sous sa forme nano est plus facilement absorbé par la peau et cela a régulièrement soulevé des inquiétudes en matière de santé.

Le nouveau Règlement (CE) No 1223/2009 du Parlement européen et du Conseil du 30 Novembre 2009 sur les produits cosmétiques, qui entrera pleinement en vigueur le 13 Juillet 2013, prévoit que les produits cosmétiques contenant des nanoparticules devront être notifiés à la Commission six mois avant leur mise sur le marché et que les nanomatériaux dans la formule devront être signalés dans la liste des ingrédients en faisant suivre la substance concernée, du mot "nano" entre parenthèses (par exemple : Titanium dioxyde [nano]).