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Émilie Coppermann

Le bouquet floral revient sur le devant de la scène

Tout comme la mode est un éternel recommencement, la parfumerie fonctionne également par cycles. Et la floralité ne déroge pas à la rêgle. Essence de la féminité, elle revient aujourd’hui moins invasive que dans les années 80, comme c’était le cas par exemple avec Poison de Christian Dior. À la fin des années 90, les floraux ont alors laissé place à des notes musquées propres avec CK One de Calvin Klein ou L’Eau d’Issey d’Issey Myake, puis au revival des chypres avant que les consommateurs ne succombent à la vague des parfums gourmands.

Presque trente ans plus tard, le bouquet floral revient plus naturel, plus délicat, moins puissant. Il s’exprime pleinement avec une identité visuelle vintage pour Gucci Bloom de Gucci, ainsi que dans Idole de Lancôme, Libre d’Yves Saint-Laurent ou encore L’Interdit de Givenchy. Cette tendance s’inscrit dans une volonté du consommateur à vouloir sentir les matières premières et leur naturalité afin de se reconnecter à la nature. L’influence de la parfumerie de niche ? Probablement, car celui-ci est de plus en plus éduqué et désireux de renouer avec la belle parfumerie. À cela s’ajoute un intérêt de sa part pour le sourcing responsable des matières, leur origine, pour toujours plus de transparence et favoriser la protection de la planète. Amoureuse des fleurs, le maître parfumeur Symrise, Émilie Coppermann, explique comment elle aime exprimer cette nouvelle floralité dans ses créations.

Comment aimez-vous travailler les notes florales et quelle est votre signature en la matière ?

Émilie Coppermann - Pour sortir de l’exercice du bouquet floral classique, ce qui m’intéresse surtout c’est de jouer avec et de trouver un angle qui ne fasse pas vu et revu. Par exemple avec une overdose de galbanum ou de lentisque pour le rendre plus naturel, ou encore avec des épices, du gingembre ou des notes boisées pour le rendre plus moderne. La minéralité va permettre également de lui apporter un côté contemporain. Ce que j’aime aussi, c’est le twister avec une facette inattendue.

Quelle fleur est pour vous la plus difficile à travailler et pourquoi ?

Émilie Coppermann - L’absolue de rose à cause de sa connotation très désuète et son côté « déjà vu ». Il a une facette alcool phényle éthylique qui peut lui donner un côté bas de gamme. Elle demande un exercice complexe pour la sublimer. Depuis quelques années, la rose est revenue sur le devant de la scène. J’adore le travail de Christine Nagel sur 1001 roses de Lancôme. Elle s’est livrée à un exercice sublime autour de l’absolue de rose avec une overdose boisée ambrée. Une formule simple mais tellement belle.

Si un homme devait vous offrir un bouquet, quelle(s) fleur(s) devrait-il y mettre absolument et laquelle/lesquelles doit-il éviter ?

Émilie Coppermann - J’aime les bouquets sauvages, avec un côté mauvaises herbes. Un bouquet qui mélange les fleurs et les genres, comme des fleurs entourées de branches de menthe ou de basilic. Mon fleuriste préféré est Suznjev Yannick. Il réalise un travail très esthétique mais conserve l’identité sauvage de la nature et propose des compositions inattendues. Il répond à mon envie d’être étonnée et de découvrir de nouvelles fleurs.

Je n’aime pas le lys qui sent trop fort et je ne suis pas sensible non plus au bouquet de rose. Malheureusement les roses chez le fleuriste ne sentent pas et cela me déprime que cette si belle fleur de la parfumerie ne sente rien. Je préfère les fleurs de jardins. Quand ma maman me ramène les roses de son jardin, cela me transporte d’émotion car elles possèdent un délicieux parfum.

Sur mon balcon j’aime faire pousser du jasmin. L’été, j’en fais des bouquets pour parfumer mon intérieur.

J’adore aussi le mimosa qui vient égayer l’hiver.

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A propos de Émilie Coppermann

Depuis plus de 20 ans, Émilie Coppermann crée des parfums pour les marques de luxe et de niche. À l’âge de 13 ans, elle était déjà attirée par l’idée de créer des parfums fascinants.

Elle poursuivit son rêve et finit par étudier la chimie. Son talent a été reconnu par Jean-Louis Sieuzac et Dominique Ropion, à l’époque parfumeurs à Symrise (ex-Florasynth), qui l’ont prise sous leurs ailes et lui ont enseigné les bases de la parfumerie. Le Maître parfumeur Maurice Roucel, autre personnalité emblématique de Symrise, fut également un de ses mentors. Elle fut lauréate de la 12e édition du Prix François Coty en 2019.

Website : www.symrise.com

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