Le géant américain des produits d’hygiène Procter & Gamble (P&G) a relevé jeudi 22 octobre ses objectifs annuels de ventes après un chiffre d’affaires en hausse sur son premier trimestre de l’exercice comptable 2026-2027, tout en mettant en garde contre un contexte "volatil" qui devrait alourdir ses coûts.

Le bénéfice net est resté quasi stable sur cette période de juillet à septembre (-0,4%), à 4,73 milliards de dollars, par rapport à la même période de l’année précédente.

"Nos solides performances en matière de ventes, de bénéfices et de trésorerie au premier trimestre reflètent une exécution renforcée de notre stratégie intégrée", a commenté le PDG du groupe, Shailesh Jejurikar.

"Même si nous nous attendons à ce que les défis géopolitiques et économiques se poursuivent, ce bon début d’exercice nous permet de rester sur la bonne trajectoire pour atteindre nos fourchettes de prévisions", a-t-il également estimé.

De juillet à septembre, Procter & Gamble a engrangé un chiffre d’affaires de 23,3 milliards de dollars (+4% sur un an).

Les ventes du géant des produits du quotidien (rasoirs Gillette, lessive Ariel, couches Pampers, les shampooings Pantene, Head & Shoulders, les dentifrices Oral-B, les soins SK-II...) ont notamment été portées par la beauté (+5,4%), les produits de soin masculin (+4,5%), l’entretien de la maison (+4,8%) et l’hygiène féminine et le soin du bébé (+3%). La catégorie santé enregistre aussi une hausse, mais moindre (+2,7%).

"Les prix ont eu un léger impact positif sur les ventes du trimestre", relève Procter & Gamble.

En Chine, où le chiffre d’affaires organique a progressé de 8%, la "croissance a continué d’être solide dans un environnement de consommation difficile", a relevé Andre Schulten, directeur financier, lors d’une audioconférence avec des analystes.

Le groupe prévoit pour son exercice décalé 2027 une croissance du chiffre d’affaires comprise entre 2% et 4%, "afin de refléter l’acquisition de Thorne (un fabricant de compléments alimentaires, NDLR) au 1er octobre 2026", précise son communiqué.

P&G revoit ainsi légèrement à la hausse sa précédente prévision, annoncée en juillet, qui était comprise entre 1% et 3%.

"Nous nous attendons à ce que l’environnement reste volatil et complexe, des coûts jusqu’aux devises, aux consommateurs, concurrents, distributeurs, et aux dynamiques géopolitiques", a commenté Andre Schulten, précisant que le groupe allait "surveiller étroitement" l’évolution de la demande des consommateurs pendant l’automne et l’hiver dans un contexte de hausse persistante des prix des hydrocarbures.

Selon lui, les différents surcoûts (matières premières, logistique, énergie, taux de changes, etc) devraient affecter l’exercice 2027 à hauteur d’environ 1,9 milliard de dollars après impôts.

P&G s’attend à ce que ces "vents contraires augmentent au cours des prochains trimestres", a prévenu M. Schulten, surtout en Amérique du Nord et concernant les prix des hydrocarbures "au moins jusqu’au second semestre".

Au sujet de la suppression de 15% des effectifs hors production lancée il y a un an, le directeur financier a indiqué que l’effet commençait à se faire sentir sur le niveau des coûts de fonctionnement.