La progression du poil sur les visages masculins est incontestable. Photo :...

La progression du poil sur les visages masculins est incontestable. Photo : © aleksle / IStock.com

La progression du poil sur les visages masculins est incontestable. À peine plus de la moitié des Français (52%) interrogés par l’Ifop affirment être rasés de près, contre 48% qui déclarent avoir une barbe, une moustache ou un bouc.

Barbe de trois jours

La barbe demeure toutefois la forme de pilosité faciale la plus répandue chez les hommes, avec 40% de barbus au sein de la population adulte masculine. S’il existe plusieurs styles de barbe, c’est la barbe de trois jours qui demeure la plus courante (24% des barbus), devant la barbe de dix jours (8%), la barbe courte (5%) et la barbe longue (1%). En revanche, la moustache est loin de faire l’unanimité avec seulement 4% des Français âgés de 18 ans et plus qui y ont succombé. Un constat qui vaut également pour le bouc (3%) et la barbiche (1%).

Marqueur social

Il n’en reste pas moins que ce retour en force de la barbe est loin de toucher toutes les générations et les classes sociales avec la même ampleur. En effet, le port de la barbe apparaît étroitement corrélé à l’âge des personnes interrogées : la proportion de barbus étant deux fois plus forte parmi les jeunes de moins de 35 ans (52%) que chez les seniors de plus de 60 ans (24%). Et c’est au sein des trentenaires âgés de 25 à 34 ans que le port de la barbe est le plus répandu (55%). Toutefois, il s’étend aussi à la génération suivante (50% chez les 35-50 ans), signe que le port de la barbe n’est pas ou plus l’apanage de la jeunesse.

On observe aussi que le port de la barbe concerne avant tout les catégories supérieures du salariat, en premier lieu desquels les cadres et professions intellectuelles supérieures (54%) comme les enseignants, les journalistes ou les artistes.

Clivage géographique

Les résultats de l’étude mettent aussi en lumière un clivage Nord / Sud en ce qui concerne la forme dominante de pilosité dans la gent masculine. En effet, c’est dans les régions situées dans le quart Nord-Est et le quart Nord-Ouest de la France que la proportion d’hommes pourvus de poils au visage est majoritaire, à l’exception de l’Île-de-France où la proportion de barbus et autres poilus est minoritaire (43%). À l’inverse, la proportion d’hommes rasés de près est majoritaire dans toutes les régions situées au Sud de la Loire. Et après la région Centre, c’est en Provence-Alpes-Côte d’Azur qu’elle est la plus faible.

Des femmes partagées

Barbus ou rasés de près ? Les femmes sont très partagées sur le sujet. La moitié d’entre elles estiment que les hommes rasés de près sont les plus sexy, et 45% se laissent plus facilement séduire par les hommes barbus, et notamment les hommes portant une barbe de trois jours (33%). Tout comme leurs homologues masculins, les femmes sont beaucoup moins tentées par les bacchantes (seulement 2% trouvent que les moustachus sont les plus sexy) et la barbiche (1%).

À noter, les jeunes filles sont tout particulièrement attirées par les hommes barbus. Plus de huit Françaises âgées de moins de 25 ans sur dix (81%) trouvent que les hommes sont plus sexy avec une barbe.

Selon les analystes de l’Ifop, « si le visage glabre reste encore la norme chez une courte majorité de Français, la tendance est incontestablement à une pilosité faciale plus fournie, en particulier chez des jeunes hommes qui sont massivement encouragés à porter la barbe par les femmes de leur âge.  » Dépassant largement les frontières des « bobos » et autres « hipsters », le port de la barbe a donc gagné, par processus d’imitation sociale, une grande partie de la population masculine.