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« Il y aura un avant et un après le Covid-19 », Patrick O’Quin, FEBEA

Dès la publication de l’arrêté ministériel les autorisant à fabriquer des solutions hydro-alcooliques, les entreprises de l’industrie de la beauté se sont mobilisées pour répondre aux besoins en produits d’hygiène nés de l’épidémie de Covid-19. Au-delà de l’action solidaire immédiate, la crise secoue toute l’économie et pourrait aussi changer de nombreuses pratiques. Le point avec Patrick O’Quin, président de la Fédération des entreprises de la beauté (FEBEA).

Patrick O'Quin, président de la Fédération des entreprises de la beauté...

Patrick O’Quin, président de la Fédération des entreprises de la beauté (FEBEA)

Premium Beauty News - Le secteur de la beauté se mobilise pour produire en masse des produits d’hygiène, notamment des solutions hydro-alcooliques. Une capacité de mobilisation qui confirme l’importance de cette industrie en France !

Patrick O’Quin - Cela confirme d’abord que les produits cosmétiques sont indispensables à notre vie de tous les jours. Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas des produits futiles. Les produits d’hygiène et de toilette (savons, produits pour la douche et le bain, produits pour les cheveux, dentifrices,…), qui constituent une part importante de ce que produit notre industrie, occupent une place incontournable dans notre quotidien.

Au-delà de l’hygiène quotidienne, les produits de soins aident notre peau à mieux supporter la fréquence accrue du lavage des mains. Et puis, même confinés, on besoin d’être bien dans sa peau. Tous les psychologues recommandent de continuer à soigner son apparence chez soi. Là encore, les produits cosmétiques sont une des clefs de voute de cette recherche de bien-être.

Premium Beauty News - À ce jour, quel bilan faites-vous de cette initiative ?

Patrick O’Quin - Il est trop tôt pour faire un bilan. On peut toutefois constater que plus d’une trentaine d’entreprises ont reconverti leurs lignes de productions pour répondre à la nouvelle demande. À ce nombre il faut ajouter celles qui continuent à fabriquer les produits d’hygiène qu’elles produisent habituellement.

Plus de 10% de nos adhérents se sont donc engagés dès le début, aussi bien des grands groupes que des PME. Il faut toutefois noter que la fabrication de gel hydro-alcoolique nécessite des précautions et qu’elle ne peut être effectuée sur n’importe quel outil industriel. Les entreprises manipulant de l’alcool dans leurs processus habituels ont logiquement été les plus réactives.

Premium Beauty News - Comment sont distribués les produits ?

Patrick O’Quin - Les critères distribution sont établis en lien avec les pouvoirs publics. En partenariat avec la Cosmetic Valley, nous centralisons une partie des demandes et des offres. Les hôpitaux sont prioritaires, ainsi que les établissements de santé…

Premium Beauty News - La crise liée à l’épidémie de Covid-19 ébranle toute l’économie. Envisagez-vous de demander des mesures spécifiques pour l’industrie des cosmétiques ?

Patrick O’Quin - On n’en est pas là. Il y a des mesures générales qui ont été prises et qui s’appliquent à tous les secteurs. Nous avons exprimé des requêtes de court terme, en lien avec les autres secteurs industriels, notamment pour faciliter la logistique en situation d’urgence. C’est ainsi que les restrictions de circulation le weekend ont été levées.

Premium Beauty News - Certains détaillants ont suspendu leurs paiements, ce qui met les marques, notamment les plus petites, dans une situation difficile.

Patrick O’Quin - Nous avons effectivement reçu ce type d’informations, mais pas de la part de nos adhérents. L’industrie des cosmétiques n’est pas la seule concernée et le MEDEF a adressé un courrier à toutes les entreprises pour éviter ce genre de comportement. Dans un premier temps, ce sont des mesures de conviction qui sont mises en œuvre.

Notre analyse est que le recours à la notion de force majeure est juridiquement très discutable dans ce cas, et c’est à la partie qui entend s’en prévaloir de faire la preuve que les conditions en sont réunies.

Premium Beauty News - L’épidémie met en évidence les faiblesses structurelles des chaines d’approvisionnement.

Patrick O’Quin - Il est clair qu’il va y avoir un avant et un après le Covid-19 et que certaines stratégies d’éclatement des chaines de valeur vont être revues. De nombreuses entreprises avaient déjà repensé leurs pratiques à ce niveau. Au moment où les concepts d’économie circulaire et de développement durable prennent une importance croissante, on peut s’attendre à une véritable transformation des attentes des consommateurs comme des pratiques des entreprises.

Cette crise pourrait aussi permettre à la Commission européenne de réfléchir davantage à ce qu’est réellement une économie circulaire, un véritable green deal prenant mieux en compte les chaines de valeur, sans se cantonner à un plastic bashing aussi facile que peu pertinent.

Premium Beauty News - Il semble aussi que l’épidémie marque un retour des frontières, dans le monde et peut-être même en Europe. Vous attendez-vous à un revirement des politiques économiques et commerciales ?

Patrick O’Quin - Il est clair que la renationalisation et le bilatéralisme progressent. La politique du président américain Donald Trump, en est la principale illustration.

De notre côté, notre marché est mondial et donc nous continuons à croire dans l’intérêt du multilatéralisme. Les industriels des cosmétiques s’efforcent de collaborer au niveau international sur des sujets d’intérêt commun : la fin des tests sur animaux et les méthodes alternatives, sujets sur lesquels l’Europe est très en avance, l’environnement, les filtres solaires, l’information des consommateurs. Il y a de grands avantages collectifs à traiter en commun les sujets d’intérêt généraux.

Propos recueillis par Vincent Gallon

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