« L’IA s’est imposée en dermatologie esthétique comme un outil de transformation, stimulant les avancées de l’analyse d’images, accélérant le développement des dermocosmétiques et la mise au point de traitements personnalisés. Son application a amélioré la précision du diagnostic, l’identification des affections cutanées et permis d’optimiser les stratégies thérapeutiques », écrivent les écrivent les auteurs de l’article. Ils ajoutent que les applications de l’IA ont fortement progressé dans l’ensemble du secteur.

Tests, dispositifs, interventions et formation

Les technologies d’IA sont ainsi utilisées pour remplacer les études animales et humaines lors de l’évaluation du potentiel sensibilisant des substances dermocosmétiques. Bien que leur équivalence soit encore débattue, de nombreux modèles atteignent aujourd’hui des performances prédictives comparables aux modèles classiques et l’adoption des solutions digitales va se généraliser.

Les technologies d’IA sont aussi intégrées aux dispositifs dermatologiques utilisés à domicile et en clinique pour évaluer la santé de la peau et suggérer les produits, formulations et ingrédients adéquats. L’entreprise américaine Proven Skincare, par exemple, utilise des données génétiques et environnementales pour élaborer des routines de soins personnalisées. Des dispositifs cliniques et à domicile comme Visia et Opté améliorent également l’évaluation de la peau et le suivi des traitements.

En médecine esthétique, les modèles d’IA permettent de prédire la réaction des patients aux traitements laser et les résultats des injections de comblement. Mais le secteur se tourne aussi vers l’IA comme outil pédagogique pour mieux comprendre l’utilisation des produits, les résultats attendus et le suivi post-traitement.

Néanmoins, les auteurs soulignent que l’utilisation de l’IA en dermatologie esthétique n’est pas sans risques : « Des défis restent à surmonter, notamment les biais de données, la nécessité d’une validation clinique rigoureuse et l’inégalité d’accès à ces technologies selon les régions ».

Qualité des soins et biais de données

Selon l’étude, « l’un des problèmes les plus préoccupants » est une possible érosion du jugement clinique. En effet, l’automatisation croissante des diagnostics et des traitements pourrait réduire l’attrait d’une formation médicale continue des professionnels et affaiblir le raisonnement critique. L’utilisation inappropriée ou non supervisée de l’IA peut également « compromettre la sécurité des patients », expliquent-ils, notamment dans le cas de décisions médicales délicates.

Les modèles d’IA, précisent-ils, ne disposent pas de mécanismes d’apprentissage continu comparables à l’expérience cumulée des cliniciens. Par conséquent, les chercheurs estiment que le juste équilibre entre l’IA et l’expertise humaine sera « fondamental ».

« L’IA n’a pas vocation à remplacer l’expertise humaine, mais à la compléter. En dermatologie esthétique, où le jugement professionnel est essentiel, l’IA est un outil d’aide à la décision, qui rend le spécialiste plus efficace sans se substituer à lui ». Si le secteur parvient à trouver la bonne synergie, des « progrès significatifs » sont à prévoir, affirment les chercheurs.

« Un autre risque majeur » à surmonter réside dans la subjectivité des concepts esthétiques tels que la beauté et la qualité de la peau, qui peut conduire à des recommandations « inappropriées, contraires à l’éthique ou culturellement biaisées », expliquent-ils. De nombreux algorithmes, par exemple, sont développés à partir d’ensembles de données restreints, de faible qualité ou insuffisamment diversifiés, ce qui limite également leur généralisation à la pratique clinique.

D’un point de vue réglementaire, l’application de l’IA en dermatologie se heurte également à « une absence notable de cadres juridiques et éthiques spécifiques » et manque de « normes internationales », ajoutent les chercheurs.

De la beauté à la santé globale

Dans un entretien accordé à Premium Beauty News, Robin Raskin, experte en technologies et fondatrice et CEO de The Virtual Events Group, affirme que : « Les solutions actuelles sont capables de reconnaître les problèmes cutanés courants, de suivre leur évolution et de formuler des recommandations de produits assez pertinentes. Néanmoins, la précision du diagnostic repose sur ce que l’humain fait toujours mieux : l’examen des antécédents médicaux du patient, notamment les médicaments qu’il prend. L’examen tactile et la palpation de la peau peuvent également fournir davantage d’informations qu’un scanner ».

Selon Mme Raskin, les développements les plus prometteurs seront ceux qui combineront l’IA à d’autres techniques d’imagerie pour établir des « indicateurs de santé globale ». Par exemple, l’observation du flux sanguin au niveau du visage peut-elle fournir aux médecins des indications sur la santé cardiaque ? L’analyse de la pilosité faciale peut-elle donner des informations sur la santé générale ou d’éventuels déséquilibres hormonaux ? « Ces avancées se concrétiseront », affirme-t-elle.

« À partir de 2027, l’IA sera combinée à des techniques comme l’imagerie hyperspectrale pour mieux comprendre ce qui se passe sous la surface de la peau. On observera également un développement accru de la personnalisation des cosmétiques en fonction de l’analyse de la peau par l’IA. Ainsi, au lieu de recevoir une recommandation de produit d’une marque spécifique, vous recevrez un produit formulé sur mesure, un produit unique en son genre ».

This article was first published in our April 2026 special issue on Cosmetic Ingredients, available to read here.

Contents

  • AI ‘transformative’ for cosmetic dermatology
  • Scalp care is taking center stage
  • The K-Beauty model
  • Silab Softcare : scientific innovation for fragile skin
  • Expanscience’s Osmolya : hydration ushers into a new era
  • Gelyma’s Wealy harnesses marine benefits against oxidative stress
  • Ingredients News