Pour l’instant, l’intégration de l’IA dans l’industrie cosmétique concerne principalement "la personnalisation, le marketing et l’optimisation des chaînes d’approvisionnement". Selon les chercheurs, il existe des lacunes évidentes dans la manière d’utiliser l’IA pour favoriser la création de produits durables.
En cosmétique, l’IA pourrait être appliquée à la formulation des produits, au développement des emballages, à la création de marque, à l’étiquetage et même à la gestion du cycle de vie. Les chercheurs soulignent l’intérêt de ces outils lorsqu’il s’agit de respecter les Objectifs de développement durable (ODD) les plus pertinents des Nations Unies, tels que l’ODD 9 relatif à l’innovation et aux infrastructures industrielles ; l’ODD 12 relatif à la consommation et à la production responsables ; et l’ODD 13 relatif à la lutte contre les changements climatiques.
Selon l’étude, l’intégration à grande échelle des technologies d’IA pourrait aider les fabricants de cosmétiques à progresser vers une industrie plus circulaire, zéro déchet et respectueuse de l’environnement. "L’industrie cosmétique bénéficie d’une opportunité de transformation, l’IA lui permet de dépasser les approches traditionnelles du développement durable et d’ouvrir la voie à la création de produits écologiques de nouvelle génération."
Formulation et emballage écologiques : une approche combinée
Placée au cœur des efforts d’innovation, l’IA peut agir comme un levier d’accélération pour les processus de formulation et de fabrication. Elle permet de développer de manière autonome des formules et des emballages optimisés, puis d’affiner leur positionnement sur le marché grâce à une communication globale centrée sur le développement durable.
Traditionnellement, la formulation et l’emballage sont considérés comme des "domaines de recherche distincts". Or, l’IA a le potentiel de "relier ces deux faces clés de la durabilité des cosmétiques", expliquent les chercheurs. Un schéma présenté dans l’étude décrit comment l’IA peut être utilisée de manière intégrée pour le développement de produits et d’emballages innovants, et d’un marketing écologique favorisant l’adoption par le marché.
Utilisée de cette manière, l’IA permet aux entreprises de "passer d’améliorations de processus isolés à des stratégies d’innovation systémiques, axées sur l’économie circulaire".
Recherches en situation réelle
Selon l’étude, il sera néanmoins important de mener des recherches supplémentaires, notamment des études quantitatives mesurant les résultats dans des scénarios concrets. Des entretiens avec des dirigeants du secteur afin d’explorer les prérequis et les obstacles à l’adoption devraient également être envisagés.
Les chercheurs soulignent que l’intégration de l’IA dans les schémas commerciaux existants pose de multiples et sérieux défis, tels que la compatibilité avec les systèmes informatiques, la perturbation des processus opérationnels et productifs, la résistance des employés et le coût élevé de la mise en œuvre. Les recherches futures devraient donc se concentrer sur le développement de "techniques plus efficaces et adaptées aux entreprises".
Surtout, les chercheurs affirment que toute étude future devra être constamment mise à jour, compte tenu du rythme rapide de l’innovation et de la rapidité avec laquelle les technologies d’IA évoluent et apparaissent.
Formulation, cycle de vie et utilisation par le consommateur
Richard Cope, consultant en recherche environnementale et fondateur de la plateforme d’analyse EcoVox, explique à Premium Beauty News que l’utilisation des technologies d’IA pour favoriser l’innovation durable dans le domaine des cosmétiques présente un grand intérêt.
"Accélérer l’accès à des solutions innovantes dans les secteurs de l’énergie et de la médecine est probablement le plus grand avantage de l’IA. Donc, oui le secteur [des cosmétiques] devrait l’adopter comme un moyen efficace d’identifier des ingrédients et des formulations sûrs et durables, dont la chaîne d’approvisionnement peut également être contrôlée", indique-t-il.
Toutefois, le défi sera de garantir la création d’innovations et de produits "différentiants et non génériques", a-t-il ajouté.
Pour M. Cope, l’application de l’IA au cycle de vie des produits et à l’engagement des consommateurs est particulièrement prometteuse dans le secteur de la beauté. "L’impact d’un produit se manifeste en grande partie lors de son utilisation et au moment de sa fin de vie, car le consommateur joue un rôle clé, notamment en ce qui concerne la consommation d’eau et l’élimination des déchets. Si l’IA peut contribuer à encourager l’utilisation de recharges ou à réduire la consommation d’eau lors de l’utilisation, c’est un point positif," conclu-t-il.

























