Les exosomes sont un sous-type de vésicules extracellulaires (VE) libérées par les cellules et produits à partir des endosomes. Ils participent à l’homéostasie du milieu cellulaire, en éliminant les déchets métaboliques et en communiquant avec les cellules.
Depuis 2010, la recherche sur les exosomes a connu une croissance exponentielle. Le nombre de publication par an sur Pubmed, mentionnant le terme vésicules extracellulaires est proche des 5500 (d’après Bazzan et al., 2021) soit une croissance annuelle de 30%.
En 2024, Saranya P. Wyles, PhD, professeure adjointe en dermatologie, pharmacologie et médecine régénérative à la Mayo Clinic College of Medicine and Science, a publié une étude sur l’utilisation d’exosomes topiques d’origine plaquettaire chez 56 adultes humains. Au bout de 12 semaines, 87,3% des participants ont rapporté une amélioration du vieillissement de la peau du visage, avec une réduction des rougeurs, de la pigmentation et des dommages globaux causés par l’exposition au soleil. Ces résultats ont été confirmés par une étude histologique montrant une augmentation de l’épaisseur du collagène.
Même si des réserves ont été émises sur cette étude par certains dermatologues, la légitimité des exosomes pour une utilisation cosmétique s’avère prometteuse.
Synergie gagnante
Le phénomène de la K Beauty a fait émergé l’association entre exosomes et PDRN. Le PDRN fournit le substrat nécessaire à la régénération cellulaire et à la reconstruction des tissus (stimulation de la synthèse de collagène et d’élastine, réduction des inflammations chroniques de la peau, réparation cutanée due aux agressions environnementales comme les UV, la pollution) tandis que les exosomes apportent l’information biologique.
Le PDRN originel (ADN de sodium) est issu de l’ADN de sperme de truite ou de saumon. Il est fortement concentré en nucléotides, purifié pour limiter les allergies et biocompatible avec les tissus humains. La montée en force des formulations véganes a poussé la recherche vers du PDRN végétal. Celui-ci est extrait de plantes comme le ginseng, le riz, le thé vert ou la rose. Concept trompeur par abus de langage pour certains, le PDRN « végétal » ne serait pas différent d’extraits de plantes ou lysats de fermentation traditionnels, riches en polyphénols, saponines ou antioxydants.
Tout récemment, le premier PDRN d’origine microbiologique (L-PDRN) dérivé de Lactobacillus rhamnosus a fait son apparition. Une étude publiée en janvier 2025, (PubMed, National Library of Medicine) souligne le potentiel du L-PDRN comme alternative multifonctionnelle et durable au PDRN dérivé du saumon. « L’utilisation du PDRN d’origine microbienne ouvre de nouvelles voies pour des applications thérapeutiques dans la gestion du stress oxydatif, la régénération tissulaire et la modulation immunitaire, ouvrant la voie à un changement de paradigme dans l’approvisionnement et la fonctionnalité des PDRN », expliquent les auteurs.
L’étude menée par une équipe coréenne dans différents laboratoires a montré que le L-PDRN présente une activité antioxydante supérieure, ainsi qu’une efficacité accrue dans la migration cellulaire et la réparation des plaies. L’analyse électrophorétique a révélé que le L-PDRN est composé de fragments d’ADN plus petits (moins de 100 pb) que ceux du PDRN extrait du saumon (200–800 pb), suggérant une biodisponibilité et une absorption cutanée supérieure.
Cosmétiques et exosomes
La gamme Cellogic de la marque Bio Logica Cosmetics, lancée en 2025 par le Dr. Laurent Blasco s’appuie sur le biomimétisme et les exosomes Phytobolites®, des messagers biologiques d’origine végétale. Le créateur explique que le bio-mimétisme, sujet de sa thèse, l’a inspiré pour « créer des cosmétiques en appliquant la logique du monde vivant, en copiant l’organisation et le mode de fonctionnement de la peau ».
Copier la peau pour mieux la respecter est alors devenu son objectif. « J’ai travaillé avec une société suisse pour développer des exosomes végétaux. Ceux-ci agissent comme des ‘courriers express’ intercellulaires qui stimulent les cellules vieillissantes. Lorsqu’une perturbation biologique est détectée, ils transmettent des signaux entre les cellules cutanées pour activer les mécanismes naturels de défense et de réparation ».
Les exosomes et le PDRN représentent aujourd’hui une voie de recherche innovante et prometteuse pour leur capacité régénérative. Ils sont une alternative à la médecine esthétique. Les techniques non invasives car sans injection motivent les patients à prendre en charge leurs problèmes cutanés ou capillaires. Les traitements proposent une approche plus douce, plus naturelle et durable.
Lire l’article complet dans notre numéro spécial Ingrédients Cosmétiques, avril 2026, à lire ici. Sommaire
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