Selon le cabinet d’études de marché, les ventes de cosmétiques en circuit sélectif ont atteint 17,1 milliards de dollars au cours des six premiers mois de l’année, soit une hausse de 7% par rapport à l’année précédente. En mass market, les ventes progressent au même rythme pour atteindre 39,2 milliards de dollars. En volume les ventes sont également en hausse sur les deux canaux, malgré des choix de consommation de plus en plus sélectifs.
« La beauté continue de bénéficier de l’intérêt des consommateurs pour tous les niveaux de prix, et d’achats ponctuels de produits offrant une forte valeur émotionnelle et fonctionnelle », explique Larissa Jensen, Global Beauty Industry Advisor chez Circana. « Le parfum demeure un luxe abordable et un moyen d’expression de soi, tandis que les soins de la peau bénéficient de l’attention croissante des consommateurs pour le bien-être du corps entier, les traitements préventifs et les rituels quotidiens ».
Le parfum reste au top
Le parfum reste l’une des catégories les plus performantes, même si sa dynamique de croissance diffère sensiblement entre le sélectif et la grande distribution.
En sélectif, les ventes de parfums ont progressé de 6%, principalement en raison de la premiumisation du marché. Les prix moyens ont augmenté de 5%, tandis que les ventes unitaires sont restées globalement stables. Les consommateurs se tournent vers des concentrations plus élevées, les eaux de parfum et les parfums enregistrant une croissance à deux chiffres.
Les parfums de luxe sont également à la fête, avec des ventes en hausse, en valeur comme en volume, tirées principalement par les parfums féminins. Cette catégorie parvient à capter une part croissante des dépenses discrétionnaires des consommateurs, même dans un contexte plus contraint.
Mais le marché grand public réalise une performance encore plus forte. Sur ce circuit, les ventes de parfums ont bondi de 15% en valeur, et les volumes sont en hausse de 7%, ce qui en fait la catégorie de beauté la plus dynamique en grande distribution. Contrairement au sélectif, la croissance est tirée par la combinaison d’une demande plus forte et d’une hausse de prix, signe de la grande attractivité de la catégorie.
Les soins de la peau surfent sur la prévention
Le skincare est la catégorie qui connaît la croissance la plus rapide en sélectif, avec des ventes en hausse de 9% en valeur et une progression à deux chiffres en volume.
La croissance concerne l’ensemble de la catégorie, les soins du corps et les produits solaires étant les plus dynamiques. En sélectif, les ventes de soins du corps progressent de 16%, soutenues par les bonnes performances des nettoyants, lotions et déodorants pour le corps. De leur côté, les produits s solaires affichent une hausse de 19%, les consommateurs continuant de donner la priorité à la prévention et à la santé de la peau.
En parallèle, les ventes de soins du visage sont restées vigoureuses. Les crèmes pour le visage, les nettoyants pour le visage et les soins pour les yeux ont tous enregistré une solide croissance, ce qui témoigne de l’investissement continu des consommatrices dans des routines quotidiennes.
La bonne santé du skincare concerne aussi la grande distribution, où les soins de la peau ont progressé plus vite que l’ensemble du marché de la beauté. Les principaux segments – des soins du visage aux lotions pour les mains et le corps, en passant par les crèmes solaires – ont enregistré une croissance en valeur et comme en volume.
Croissance au ralenti pour le maquillage
En revanche, le maquillage a réalisé une performance plus mesurée au premier semestre. En sélectif, les ventes ont augmenté de 3%, malgré une légère baisse des volumes.
Les produits pour le visage sont le segment le plus dynamique, les poudres bronzantes et les blushes affichant une croissance à deux chiffres. Mais c’est néanmoins le crayon à lèvres qui enregistre la croissance la plus rapide en sélectif.
En grande distribution, les ventes de maquillage ont augmenté de 5%, même si les volumes ont diminué. La croissance s’est concentrée sur les produits qui enregistrent également de bonnes performances en sélectif, notamment les crayons à lèvres, les fards à joues, les poudres bronzantes et les produits de maquillage combinés.
Selon Circana, ces chiffres mettent en évidence l’intérêt continu des consommateurs pour une expérimentation abordable et pour l’innovation.
Santé du cuir chevelu et soins haut de gamme
Les soins capillaires ont également enregistré de bonnes performances en sélectif, avec des ventes en hausse de 11% et une hausse de 8% en volume.
La croissance de la catégorie a été tirée par les traitements, notamment les sérums capillaires, dont les ventes ont augmenté de près de 60%. Les masques capillaires, les huiles et les soins non rincés ont également enregistré des gains robustes, tout comme les produits destinés au cuir chevelu.
Les données indiquent une évolution continue de pratiques de toilette de base vers des routines plus spécialisées axées sur la santé, la réparation et la prévention des cheveux.
La performance des soins capillaires grand public est plus mesurée. Les ventes ont augmenté de 7%, tandis que le nombre d’unités vendues a diminué, reflet d’une plus grande attention des consommateurs à la valeur produit. Les packs combinés shampoings et après-shampooings ont néanmoins particulièrement bien performé, affichant une croissance à deux chiffres tant en ventes qu’en unités.
Une croissance centrée sur des résultats clairs
Les chiffres de Circana pour le premier semestre suggèrent que la résilience du marché américain de la beauté ne résulte pas simplement d’une augmentation des dépenses des consommateurs. En fait, la croissance tend à se concentrer sur les catégories et les produits perçus comme apportant un bénéfice émotionnel, fonctionnel ou expérientiel clair.
Pour l’avenir, Circana s’attend à un impact croissant de l’évolution des préférences d’achat. Le e-commerce et les réseaux sociaux jouent un rôle de plus en plus important dans la découverte et l’achat de produits, rendant le lien entre inspiration et transaction toujours plus crucial.
« À mesure que le e-commerce et les réseaux sociaux prennent une place prépondérante dans la découverte et l’achat, les marques proposant des parcours fluides, de l’inspiration à la transaction, seront les mieux placées pour saisir les opportunités de croissance future », affirme Larissa Jensen.
























