À l’origine de House of Naturals, il y a “le constat, en 2023, qu’il faut regrouper sous un seul et même toit notre gestion des naturels, jusqu’ici traités par différentes structures”, explique Xavier Renard, Responsable Mondial Fine Fragrance et Naturels.
Le projet englobe les partenariats de Givaudan avec les producteurs de matières premières, l’achat des ingrédients naturels et l’activité des agronomes. Piloté par Maxence Billas, Directeur des Naturels, le projet House of Naturals a été pensé "du champ au parfum".
La démarche s’inscrit dans le prolongement de l’acquisition d’Albert Vieille en 2019, société reconnue pour son savoir-faire dans l’approvisionnement et la gestion de la qualité des matières naturelles : une expertise clef à l’heure où les changements climatiques affectent les récoltes.
Le programme s’appuie également sur le site du groupe en Espagne, pour la production et la transformation des matières sèches (résines, bois). Objectifs : enrichir la palette des naturels, et garantir une qualité constante des ingrédients mis à disposition des parfumeurs et des clients de Givaudan.
Renouveler la palette des naturels
L’innovation est au cœur du programme House of Naturals. Neuf parfumeurs Givaudan ont été sélectionnés pour apporter leur contribution, en lien étroit avec la Recherche & Développement. Pour capter toutes les tendances du marché, sept sont issus de la Fine Fragrance, deux de la parfumerie fonctionnelle, avec une représentativité des différentes régions (EMEA, Asie, Amérique du Nord). Ils expriment notamment leurs besoins de nouvelles facettes, à l’instar du fractionnement moléculaire appliqué au jasmin sambac, qui a fait éclore une note moins animale, plus verte et florale.
La R&D est aussi force de proposition, autour d’ingrédients issus de nouveaux végétaux ou de modes d’extraction plus vertueux. La validation d’un ingrédient ne repose pas nécessairement sur l’assentiment unanime des parfumeurs, mais celui-ci doit trouver sa place dans la palette naturelle, quitte à devenir l’exclusivité de certains clients. Une manière, pour Givaudan, de s’adapter à la fragmentation du marché.
L’innovation au service de la différenciation
Le fractionnement moléculaire et la recherche de nouveaux procédés d’extraction en constituent deux axes majeurs d’innovation sur les ingrédients naturels. L’upcycling est un autre levier important. Cette méthode permet de créer des extraits naturels de fruit ou de dévoiler d’autres profils olfactifs d’un ingrédient connu, à l’image du Rose Concentrate NatSource®, qui habille la rose d’une fraîcheur propre et moderne.
D’autres techniques telles que la distillation moléculaire ou le façonnage de la matière première brute sont autant de moyens permettant d’élargir la palette des naturels.
En dix ans, celle-ci s’est enrichie de 100 nouveaux ingrédients. Givaudan, qui souhaite accompagner la premiumisation du marché, revendique plus de 50 projets d’innovation en cours, avec un objectif de cinq nouveaux ingrédients par an. Dans un contexte saturé de lancements, ces développements constituent autant de leviers de différenciation pour la création.
Le sourcing, un héritage historique
Après l’absorption, en 1994, de Roure, pionnier de l’implantation de comptoirs à l’étranger, notamment à Madagascar, Givaudan s’est concentrée sur le sourcing d’ingrédients. Un choix fondateur, qui a conduit l’entreprise à développer une démarche d’open innovation, afin de sécuriser ses approvisionnements et soutenir la durabilité des filières.
Aujourd’hui, le sourcing d’ingrédients naturels est inscrit dans l’ADN de Givaudan. “En témoignent les premiers projets de sourcing éthique qui remontent à 2002 en Australie. Les filières d’approvisionnement en fève tonka au Venezuela en 2008, ou celles de lavande en France en 2012, sont venues consolider cet engagement. L’initiative Origination, en 2013, marque un tournant stratégique, avec l’implantation directe à la source, en Indonésie, pour le patchouli”, observe Maxence Billas.
Campus 52 : la concrétisation de House of Naturals
Le Campus 52, actuellement en construction, rassemblera les activités de Givaudan actuellement basées à Vallauris et à Mouans-Sartoux, mais aussi la gestion des partenariats de sourcing. Le projet représente un investissement d’environ 60 millions d’euros, dont une proportion importante est dédiée au volet innovation, mais aussi au développement des activités de production et transformation actuellement effectuées à Mouans-Sartoux. Le nouveau site permettra en outre de traiter directement les fleurs fraîches fournies par les agriculteurs grassois, partenaires du groupe.
Un rez-de-jardin regroupera les laboratoires d’innovation, des activités d’extraction et de recherche analytique, tandis que l’étage sera dédié au laboratoire de parfumerie et d’application. Les autres espaces seront réunirons le contrôle qualité, la transformation, l’assemblage et le stockage des huiles essentielles et des absolues. Un bâtiment historique, réhabilité pour l’occasion, accueillera enfin les activités événementielles.
Avec Campus 52, Givaudan entend ainsi donner corps à l’ambition de House of Naturals : maîtriser la chaîne du champ au parfum pour nourrir l’innovation et la différenciation olfactive.

























