Dans un contexte de renforcement de la concurrence internationale, d’affaiblissement du soutien public et de fragilisation de la chaîne de valeur — qui était jusque-là un des principaux atouts de l’industrie cosmétique française — Cosmetic Valley veut placer l’année 2026 sous le signe de la « régénération » de la filière.
« La France reste le premier exportateur mondial de produits cosmétiques, mais sa part de marché – aujourd’hui estimée à environ 14,1% du commercial mondial – s’érode continuellement depuis vingt ans. En plus de nos concurrents historiques – États-Unis, Allemagne, Italie – de nouveaux acteurs se développent très rapidement, notamment la Corée du Sud et la Chine, dans un contexte où la croissance mondiale du marché des cosmétiques, annoncée à 3%, tend à se tasser par rapport aux années précédentes », analyse Marc-Antoine Jamet, le Président de Cosmetic Valley.
Dans ce marché de plus en plus concurrentiel, « la différenciation se jouera encore davantage sur la preuve scientifique et la sécurité des produits, la désirabilité des marques, et la robustesse industrielle, notamment en termes de chaine d’approvisionnement et de capacités d’innovation », ajoute Christophe Masson, le Directeur Général du pôle de compétitivité.
Régénérer la filière : une stratégie en six axes
Face à ces mutations, Cosmetic Valley appelle à une véritable régénération du Made in France cosmétique, avec une réponse qui s’articule autour de six axes stratégiques.
Le premier est l’innovation. De plus en plus complexe et coûteuse, l’innovation et la recherche doivent devenir résolument collaboratives. Cosmetic Valley mise sur l’émergence de consortiums inédits, rassemblant grands groupes, PME, start-ups et institutions de la recherche académique, autour de thématiques clés comme le microbiote cutané ou l’intelligence artificielle. Cinq congrès scientifiques seront organisés cette année pour accélérer la diffusion des connaissances.
Deuxième axe de cette régénération : la transition écologique. La préservation des ressources, l’écoconception des produits sont désormais au cœur de la compétitivité et serait une vision très court-termiste de penser qu’il faut reléguer ce combat en arrière-plan. D’autant que sur cet axe, la France compte une avance importante sur plusieurs de ses concurrents mondiaux. Le prochain concours des Cosmetic Victories sera ainsi explicitement consacré à la mise en avant ces enjeux.
Troisième priorité, ré-accélérer la croissance en reconnectant l’ensemble de la chaîne de valeur française (fabricants d’ingrédients, de packaging, formulateurs, fabricants et conditionneurs de produits finis, évaluateurs et sociétés de tests), encore solide mais fragilisée. Cosmetic Valley entend jouer un rôle de catalyseur, notamment via la deuxième édition de Cosmetic Valley Connexion, prévue le 25 juin 2026 au Palais des Congrè d’Arcachon, qui réunira PME et grands donneurs d’ordres.
Le quatrième axe concerne la montée en compétences des salariés. L’offre de formation continue de Cosmetic Valley a ainsi été repensée pour répondre aux nouveaux besoins du secteur, notamment sur l’IA, la conception responsable ou les nouvelles réglementations.
Cinquième priorité : consolider le leadership européen de la filière cosmétique française. Cela passe par une meilleure valorisation du savoir-faire français et un accompagnement renforcé des PME vers les financements européens, afin de replacer la France au cœur de l’Europe cosmétique.
Enfin, le sixième axe vise à renforcer la présence internationale de la cosmétique française grâce au soft power et à la coopération entre clusters. Cosmetic Valley a ainsi noué de nouveaux partenariats dans le monde (en Ouzbékistan, au Maroc, en Asie du Sud-Est) et souhaite poursuivre la valorisation des accords commerciaux existants. Le projet emblématique de la Maison de la Cosmétique à Chartres, futur siège de Cosmetic Valley et du Global Cosmetic Cluster, doit incarner cette ambition.
En somme, Cosmetic Valley est convaincue que la cosmétique française ne pourra conserver son rang mondial et affronter les défis de la décennie à venir qu’en se transformant en profondeur, notamment par l’accélération de sa capacité d’innovation et la consolidation de ses atouts – efficacité, innocuité, sécurité, durablité – via des collaborations élargies et de nouvelles connexions.























