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Science, R&D

Cicatrisation et dermocosmétologie

Les 26e Journées européennes de dermocosmétologie organisées cette année sur le thème de la cicatrisation ont rassemblé plus de 200 personnes, les 7 et 8 février 2013 à Lyon. Pour l’organisateur de l’événement, le Centre Européen de Dermocosmétologie, association fondée en 1962 sous l’impulsion des professeurs J. Cotte et H. Thiers et de l’industriel lyonnais HM Gattefossé, ce fut aussi l’occasion de fêter son cinquantenaire.

Pour Dominique Bouvier, présidente du Centre Européen de Dermocosmétologie (CED), le thème de ces 26e journées -“Contribution de la dermocosmétologie à la cicatrisation" - permet de faire le lien entre dermatologie clinique et cosmétologie. L’étude, la compréhension mais aussi la réparation des lésions ont été au cœur des deux journées de conférence.

Dominique Bouvier, présidente du Centre Européen de Dermocosmétologie (CED)

Dominique Bouvier, présidente du Centre Européen de Dermocosmétologie (CED)

Processus en 3 phases et multiparamétrique

Chaque personne a dans son vécu un événement plus ou moins traumatisant ayant engendré une cicatrice. « Immédiatement après une lésion, qu’elle soit thermique, mécanique ou chimique, un processus permettant la cicatrisation de la peau mais aussi des muqueuses internes ou externes se développe  » explique en introduction le Pr Alexis Desmoulière du Département de physiologie à la Faculté de pharmacie de Limoges.

Trois étapes se succèdent dont la finalité est de refermer complètement la plaie. La première phase est vasculaire et inflammatoire, la deuxième correspond à la migration et prolifération cellulaire et la troisième à la maturation et au remodelage tissulaire. De nombreux mécanismes cellulaires sont impliqués dans ce processus et des défauts peuvent apparaître conduisant à des états pathologiques tels que les plaies chroniques, les cicatrisations excessives, les vergetures…

Certains acteurs jouent un rôle prépondérant : ce sont les macrophages lors de la phase d’inflammation, les myofibroblastes lors de la prolifération et tous les phénomènes physiologiques d’apoptose mis en jeu lors de la maturation. Le microenvironnement cellulaire, les interactions entre la cellule et la matrice extracellulaire, les tensions mécaniques sont aussi des facteurs à prendre en compte. « La cicatrisation est multiparamétrique » confirme le Pr Philippe Humbert du CHU de Besançon. Par ailleurs, selon l’âge, l’état de santé mais aussi l’état émotionnel de la personne, la cicatrisation sera plus ou moins atteinte.

« Le système nerveux joue un rôle dans les processus de cicatrisation. La peau est un organe très innervée, d’une extrême sensibilité, un équilibre délicat s’opère entre d’un côté des neuromédiateurs qui stimulent la cicatrisation et de l’autre ceux qui la freinent  » précise le Professeur Laurent Misery du laboratoire des neurosciences de Brest. La cicatrisation idéale étant observée chez l’être humain seulement à l’état fœtal.

Des modèles et tests d’objectivation

Mieux comprendre la cicatrisation pour pouvoir mieux l’appréhender est aussi un objectif recherché par les acteurs de ce domaine. Des modèles in vitro et in vivo coexistent. Ils cherchent à reproduire d’une manière standardisée chaque étape du processus et d’apporter des éléments de compréhension. Le Dr François Berthod du centre LOEX de l’Université de Laval au Québec étudie avec un modèle in vitro l’effet du système nerveux sensitif sur la cicatrisation. « Notre modèle de peau reconstruite avec des cellules endothéliales microvasculaires humaines et aussi innervées avec des neurones sensoriels de souris nous permet d’étudier l’influence des nerfs sensitifs, des cellules endothéliales sur la vitesse de fermeture de la plaie d’une manière indépendante de l’inflammation » explique-t-il.

Du côté des évaluations in vivo, le laboratoire Dermscan dispose de tout un panel de protocoles sur des plaies standardisées afin de mesurer l’apport des cosmétiques sur la cicatrisation. Des outils de mesure innovants comme la spectroscopie Raman, la microscopie confocale ou la photographie haute résolution sont utilisés pour l’évaluation. « Avec la spectroscopie Raman, nous atteignons les entités moléculaires, nous pouvons suivre ainsi la pénétration des actifs, l’évolution de composition du NMF » précise Véranne Charbonnier de ProDERM. Une évaluation globale qui associe de plus en plus une partie objective et biométrique avec une partie subjective obtenue par les réponses à des questionnaires soumis aux sujets.

Favoriser la cicatrisation

Au niveau médical, les substituts cutanés, l’ingénierie tissulaire et les cellules souches sont des moyens largement employés pour parer aux cicatrices les plus sévères et notamment celles dites accidentelles. Pour les plaies chroniques telles que les escarres, les ulcères, les approches sont différentes. Certaines ciblent le microenvironnement de la matrice extracellulaire pour rétablir une homéostasie cellulaire. Denis Barritault de OTR3 propose un traitement à base de la chimie des sucres, lesRGTA qui sont des mimétiques des héparan sulfates, composés dégradés lors des lésions et très impliqués dans la communication cellulaire. Anaïs Raynaud du laboratoire de chimie des substances naturelles de Limoges démontre de son côté l’effet immunostimulant du miel sur la cicatrisation. Ces travaux font suite à plus de 30 ans d’utilisation par le Professeur Descottes du CHU de Limoges de miel de thym pour soigner des ulcères. Pour les cicatrices de type acnéique qui sont une complication observée fréquemment, les différentes possibilités de lasers ont été discutées par Le Dr Michel Magis.

Enfin, pour améliorer la qualité de vie des personnes dont les cicatrices restent néanmoins apparentes aussi bien dans le corps que dans l’esprit, Agnès Arquillière, socio-esthéticienne a élaboré un protocole de soin pour les personnes ayant subi une mastectomie. De son côté, le Dr Philippe Deshayes travaille sur le maquillage correcteur.

Et la cosmétique ?

La cosmétique est concernée par les phénomènes de cicatrisation que l’on retrouve au niveau des vergetures mais aussi des micro déchirures observées sur les peaux fragilisées par l’épreuve du temps. « Dans le cas des cosmétiques, précise Phlippe Humbert, nous agissons sur une peau saine ». En dermato cosmétologie, le champ d’action est plus vaste puisqu’il concerne aussi les crevasses, coupures, fissures, érythèmes fessiers. Les réponses données par les marques sont de plus en plus élaborées, basées sur une efficacité biologique couplée à un bon marketing.

Les fournisseurs d’actifs cosmétiques de leur côté étudient de près les processus de cicatrisation pour mieux répondre à la demande de leurs clients. C’est le cas notamment de Silab avec l’actif Glyco-Repair® disponible depuis peu en version Bio. Glyco-Repair® Bio régénère les systèmes naturels de réparations déficients en agissant sur la synthèse du facteur de croissance activine A, médiateur de réparation tissulaire et sur la synthèse d’alpha-SMA, un marqueur caractéristique des myofibroblastes. C’est également le cas de Codif avec EPS et MEPS, des exopolysaccharides produits et sécrétés par un plancton marin, qui agissent sur la reconstruction épidermique. « Nous avons démontré qu’ils améliorent la reconstruction épidermique par la stimulation des protéines du complexe de différenciation épidermique (CDE) et de peptides antimicrobiens » explique Pierre-Yves Morvan, Directeur R&D, Codif International.

Enfin, une source d’inspiration pour la cosmétologie est selon le Docteur Patricia Rousselle de l’Institut de biologie et chimie des protéines de Lyon « la jonction dermo-épidermique qui est un socle vivant capable de réparer les dommages du temps  ».

On peut être certain que l’ensemble de ces conseils auront été entendus par le public.

Régine Frick

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