Créée en 2023 par David Suissa, la startup Byome Labs spécialisée dans l’analyse du microbiome humain externe, s’est donné comme objectif de mesurer en routine les écosystèmes bactériens, pour aider les marques de produits cosmétiques et dermocosmétiques à recommander des produits adaptés à chaque profil.
« Chaque personne possède 100 000 milliards de bactéries sur et dans son corps. Le microbiome, que l’on trouve sur la peau, le cuir chevelu ou les muqueuses, est un lien scientifique et mesurable entre la peau et les produits qu’on y applique. Avec Byome Derma, nous proposons un outil en routine qui permet de mieux se connaitre », explique David Suissa.
Cette plateforme technologique s’adresse aux marques de soins cosmétiques et dermocosmétiques, qui peuvent déployer ensuite l’outil vers leurs clients pour un test facile et rapide à domicile, en points de vente avec l’aide d’un beauty adviser, en pharmacie ou chez un praticien.
« C’est une solution technologique co-brandée avec les marques, que l’on adapte à leurs besoins. Une marque spécialisée dans l’anti-âge ne regardera pas les mêmes marqueurs qu’une marque pour peaux jeunes », poursuit David Suissa.
Un test en deux minutes
Inspiré des tests antigéniques, Byome Derma permet d’analyser le microbiome cutané en quelques minutes. Le processus repose sur un prélèvement par swab, coton-tige pré-humidifié, appliqué sur le visage, même maquillé, suivi d’une analyse par IA à partir d’une application mobile.
« C’est comme un test Covid antigénique, mais pour la peau. On utilise une gestuelle que tout le monde connaît », assure le fondateur.
Le prélèvement est mélangé à un liquide dans un flacon souple, puis trois gouttes sont déposées sur une cassette à bandelettes sur lequel figurent différents marqueurs biologiques, déterminés selon les besoins des marques. Après deux minutes, les bandelettes réagissent par une intensité de couleur en fonction des marqueurs. À partir d’une photo des bandelettes, prise via l’application, l’IA génère le profil du microbiome individuel, basé sur les différents paramètres pré-sélectionnés.
« Nous recommandons de ne pas aller au-delà de cinq à six paramètres », précise David Suissa.
Les résultats sont comparés à une base de données des produits de la marque, préalablement analysés en laboratoire et indexés par Byome Labs. « Nous regardons comment le produit fini se comporte par rapport au microbiome, l’impact réel des formules finies sur dix espèces bactériennes et levures communes à toutes les peaux », poursuit le dirigeant.
L’application vient ensuite recommander la routine beauté la plus compatible avec les produits les mieux adaptés dans chaque catégorie, nettoyant, sérum, crème de jour ou autre, parmi la gamme de la marque. Une démarche répétée permet également de suivre l’évolution du microbiome dans le temps, par exemple pour évaluer l’efficacité d’un traitement pour une peau à tendance acnéique.
Une usine et de nouvelles applications
Forte d’une équipe de 17 personnes, ingénieurs et techniciens spécialisés en microbiologie, immunologie, génie génétique et intelligence artificielle, Byome Labs développe actuellement ses premiers kits Byome Derma sur son site de Clermont-Ferrand. Portée par une seconde levée de fonds en cours, la jeune entreprise prévoit l’ouverture d’une usine en France d’ici fin 2026 afin d’accélérer son développement. Elle vise également un déploiement international avec des premiers clients aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Suisse, et des ambitions sur les marchés coréen et chinois.
Enfin Byome Labs souhaite étendre sa technologie à d’autres applications, comme le cuir chevelu avec Byome Scalp, les muqueuses buccales avec Byome Oral et vaginales avec Byome Vaginal, ainsi qu’au secteur pharmaceutique.
« La demande pour des produits adaptés au microbiome est forte. Selon une étude réalisée par l’un de nos actionnaires, 70% des consommateurs interrogés souhaiteraient des soins personnalisés en fonction de leur microbiome. Par ailleurs, l’Union européenne a alloué 100 millions d’euros en 2026 pour financer des recherches sur le microbiome cosmétique, le classant parmi ses priorités pour les cinq prochaines années. C’est un vrai sujet », conclut David Suissa.



























