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Laurence Mulon

Bio, durables ou équitables. Quelle certification pour les ingrédients cosmétiques ?

L’intérêt des consommateurs pour les produits cosmétiques naturels et éthiques, le besoin croissant de sens et d’engagement dans la consommation, ont stimulé le développement de nouvelles réponses de la part des industriels. Aujourd’hui les ingrédients cosmétiques doivent être efficaces, mais aussi, de plus en plus souvent, soucieux de l’environnement, des conditions économiques et sociales de production, etc. Et pour garantir la solidité des revendications : les labels et certifications se sont multipliés.

La cosmétique dite « naturelle » est née en Allemagne dans les années 1920, avec des marques telles que Weleda ou Dr Hauschka, inspirées des principes de l’anthroposophie. En France, les précurseurs sont apparus dans les années 1970 en liaison avec le développement de l’agriculture biologique, et des marques comme Paltz ou Phyt’s. Très vite, deux approches assez différentes du concept de « naturalité » se sont donc développées sur les deux principaux marchés européens, différences qui se sont accentuées avec le « boom » qu’on connu ces produits à partir des années 2000.

Les certifications naturelles et biologiques

Côté certifications et labels, il n’existait jusqu’à récemment en Europe, que des référentiels nationaux ou privés. En 2003, six organisations européennes (BDIH, AIAB, SOIL, EcoCert, Cosmebio, EcoGarantie) se sont réunies pour créer un référentiel d’harmonisation, le standard COSMOS. Ce dernier est entré en vigueur en 2011 avec deux niveaux de certification : COSMOS NATURAL et COSMOS ORGANIC.

En mars 2013 la première révision du référentiel était publiée, avec pour objectif de rationaliser et de simplifier le processus de certification, notamment au niveau des matières premières, tout en assurant l’intégrité du référentiel. Les critères concernant les emballages ont été clarifiés. Les démarches de certification des ingrédients ont été simplifiées et les signatures COSMOS CERTIFIED pour les ingrédients biologiques et COSMOS APPROVED pour les ingrédients approuvés ont été introduites. Par ailleurs, pour plus de transparence, l’affichage du pourcentage d’ingrédients d’origine naturelle est maintenant exigé sur le produit fini.

Début 2014, plus de 840 matières premières étaient enregistrées sur le site de COSMOS et 618 étaient certifiées. Côté produits, 523 étaient certifiés en label biologique et plus de 104 en label naturel.

Hors Europe, il existe également de nombreux référentiels, que ce soit aux États-Unis, en Inde ou en Corée, chacun avec sa propre interprétation de ce qu’est un cosmétique naturel ou biologique. C’est pourquoi, depuis 2009, sous l’impulsion de Cosmetics Europe, le comité technique de l’ISO en charge des cosmétiques (TC 217) s’efforce de formuler une définition commune de ces concepts. Différents points, sont encore discutés, notamment les méthodes de calcul des indices naturels et biologiques. L’enquête publique est en cours et sera clôturé le 31 mars, avec comme objectif une publication fin 2014, date à laquelle la norme ISO 16128 devrait fournir les premières définitions universelles d’un cosmétique biologique ou naturel. Cependant cette norme ne s’occupera pas des revendications.

Les certifications du commerce équitable

L’objectif du commerce équitable est de rééquilibrer les relations commerciales entre les petits producteurs, initialement des pays défavorisés, et les acheteurs des pays dits développés.

Au niveau international, le leader mondial est un label géré par Fairtrade Labelling Organizations International (FLO). Le label Max Havelaar est une branche de l’association FLO. En Europe, différents labels existent pour les produits cosmétiques : EcoCert Equitable, Fair for Life, FairWild, Fairtrade International (Max Havelaar), Forest Garden Products, Naturland Fair, et WFTO.

La tendance actuelle est d’allier commerce équitable et agriculture biologique dans les cahiers des charges. De plus, plusieurs labels proposent d’appliquer leurs démarches de commerce équitable aux petits producteurs des pays industrialisés. Cela répond à une tendance du marché qui vise à rapprocher les solidarités locales et internationales.

En France, depuis 2008, trois démarches ont vues le jour pour les produits cosmétiques :

  • La certification de Max Havelaar appliquée aux cosmétiques.
  • Le référentiel « ESR - Équitable, Solidaire, Responsable » d’EcoCert. Les produits cosmétiques doivent avoir obtenus une certification « cosmétique naturelle ou biologique » et contenir plus de 5% d’ingrédients ESR. Le référentiel distingue deux catégories : les « cosmétiques équitables ESR », et les cosmétiques contenant des ingrédients issus de la filière équitable ESR.
  • Enfin, le label Bioéquitable, fondé sur le respect des référentiels ESR et biologiques d’EcoCert.

Développement durable et biodiversité

En matière de développement durable, différents outils permettent aux organisations de valoriser leurs efforts dans ce domaine. Les entreprises peuvent ainsi se faire certifier selon les normes ISO 14000 pour l’environnement, OHSAS 18001 pour le social. L’ISO a également mis à disposition des entreprises un outil, la norme ISO 26000, sur la responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE).

Dans ce domaine, il n’y a pas de labels spécifiques aux produits cosmétiques. Les marques disposent donc d’une certaine liberté de communication à travers la presse ou leur site internet. Certaines vont mettre l’accent sur leur démarche d’écoconception de leurs emballages comme Pierre Fabre, d’autres sur leurs engagements RSE, comme L’Oréal. Depuis quelques années, de plus en plus d’entreprises communiquent sur leurs engagements vis-à-vis de la biodiversité, notamment à travers leur adhésion à l’UEBT, l’Union pour le Biocommerce éthique.

En ce qui concerne la biodiversité, la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), n’avait pas permis de mettre en œuvre concrètement le principe de partage des avantages issus de l’utilisation des ressources génétiques (APA) de fait de l’absence de règles précises. Des négociations sur ce sujet ont abouti en 2010 au protocole de Nagoya qui devrait entrer bientôt en vigueur.

Du côté des labels en rapport avec le respect de la biodiversité, citons, sans être exhaustif :

  • La démarche du Dr Ranil Senanayake, à l’origine depuis 1982 de la sylviculture analogue, et qui s’est concrétisée par le label « FOREST GARDEN PRODUCTS » et, en 1995, par la création de l’IAFN (International Analog forestry Network), un mouvement mondial qui réhabilite les écosystèmes détruits par la pollution, la monoculture, la culture intensive ou encore la déforestation. Nous retrouvons ce label sur les produits cosmétiques d’entreprises très engagées dans la défense de l’environnement comme la société Guayapi.
  • En France, dès 1983, l’entreprise Ballot-Flurin avait créé un label apiculture douce pour formaliser son engagement vis-à-vis des abeilles et des lieux de butinages préservés.

La multiplication des certifications et labels et le pendant de la multiplication des initiatives visant à répondre à la mutation profonde des attentes des consommateurs. Ces derniers ont besoin de donner du sens à leurs engagements et les ingrédients cosmétiques sont en première ligne.

Les normes et les labels sont des réponses techniques et visuelles qui permettent aux entreprises d’apporter de façon simple des garanties concernant des sujets techniques et complexes. De mon point de vue, ces réponses n’ont de sens que si elles sont associées à une communication responsable et éthique. Depuis juin 2012, un guide d’utilisation de la norme ISO 26000 pour les métiers de communication est disponible. À quand le label de communication responsable ?

Laurence Mulon

© 2014 - Premium Beauty News - www.premiumbeautynews.com
A propos de Laurence Mulon
Laurence Mulon

Créatrice de la société de conseil qui porte son nom, Laurence Mulon est passionnée par l’univers des substances naturelles. Sa philosophie :

  • Préserver les qualités initiales du produit dans le processus industriel.
  • Donner des réponses pertinentes aux contraintes toxicologiques et réglementaires tout en intégrant les projets dans une stratégie de développement durable.
  • Connaître et aborder chaque situation avec toute l’ouverture nécessaire.

La méthodologie de la société Mulon Conseil est basée sur la coopération entre le consultant et les différents acteurs de l’organisation dans laquelle il intervient.

Site web :
www.mulon-conseil.fr

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