Le constat à l’origine de Sorre (« sœur » en provençal) est simple : alors que les routines de soin du visage ont considérablement évolué, intégrant des approches préventives et des actifs de plus en plus sophistiqués, le marché du haircare reste principalement centré sur la réparation et l’embellissement de la fibre capillaire.

« Le cheveu est une fibre inerte, mais le cuir chevelu est un tissu vivant. C’est là que tout commence », résume Cécile Martin, co-fondatrice de la marque. « La peau ne connaît pas de frontières biologiques. C’est le marché qui a créé cette séparation entre skincare et haircare », ajoute sa sœur Marie.

En considérant le cuir chevelu comme la continuité biologique de la peau du visage, le concept de headcare entend ouvrir de nouvelles perspectives de formulation et d’innovation.

Au-delà de la skinification du capillaire

Si plusieurs marques ont récemment intégré des ingrédients issus du skincare dans leurs gammes capillaires, les deux entrepreneuses estiment que cette skinification reste trop souvent superficielle.

« Ajouter un actif cosmétique dans un shampooing ne suffit pas. Nous avons voulu repenser les formules à partir de la biologie du cuir chevelu », expliquent-elles.

Cette approche s’incarne dans une gamme courte de quatre références avec notamment un sérum quotidien, Skin Fondation Scalp & Face Care, formulé pour être utilisé à la fois sur le visage et le cuir chevelu, et un sérum Restore Hair & ScalpCare, auxquels s’ajoutent deux produits dédiés aux cheveux, un shampooing à pH neutre et un soin conditionneur concentré pouvant être utilisé avec ou sans rinçage.

Une stratégie fondée sur la preuve

Les formules visent à soutenir les principaux mécanismes biologiques du cuir chevelu : maintien de la barrière cutanée, hydratation, renouvellement cellulaire, équilibre du microbiome du cuir chevelu, mais aussi vitalité folliculaire, ancrage du bulbe et cycle de croissance du cheveu.

Au-delà du discours scientifique, Sorre a choisi d’investir dès son lancement dans un ambitieux programme de validation clinique. Lauréate de la Bourse French Tech de Bpifrance, la jeune entreprise indique avoir réalisé sept études cliniques et instrumentales sur ses quatre premiers produits.

La marque a évalué les performances de chacune des formules finales, via des protocoles portant notamment sur l’hydratation cutanée, la perte insensible en eau, la fermeté, mais aussi la chute des cheveux et la résistance à la casse. Le Skin Fondation Scalp & Face Care apporte ainsi +68% d’hydratation sur le cuir chevelu, et +76% sur la peau du visage et -16% de perte insensible en eau. De son côté le sérum Restore réduit de -74% la chute des cheveux à 3 mois (-67% dès 45 jours). Quant au duo lavant, il diminue jusqu’à -54% la casse des cheveux.

Pour les fondatrices, cette démarche répond à une véritable évolution des attentes du marché. « Les consommateurs comme les professionnels demandent désormais des preuves. Comme les résultats obtenus sur un actif ne garantissent pas nécessairement ceux de la formule finie, il nous fallait démontrer scientifiquement la pertinence de notre vision ».

Vers une culture du soin préventif

Au-delà de l’innovation produit, Sorre estime que l’enjeu principal réside dans l’évolution des usages.

Aujourd’hui, le cuir chevelu reste largement associé à une approche thérapeutique, notamment en pharmacie, où il est essentiellement pris en charge lorsqu’un déséquilibre apparaît. À rebours de cette habitude bien ancrée, la marque défend une logique de prévention comparable à celle qui s’est imposée dans le skincare.

Les fondatrices rappellent que le cuir chevelu est particulièrement exposé aux agressions extérieures, susceptible de vieillir plus vite. Plus vascularisé que la peau du visage, il constitue également une zone particulièrement active sur le plan biologique.

Le concept de headcare vise ainsi à installer de nouveaux gestes quotidiens, inspirés des routines de soin du visage, afin de préserver durablement l’équilibre du cuir chevelu avant l’apparition des premiers désordres. Une approche qui suppose toutefois un important travail d’éducation auprès des consommateurs, mais également des professionnels de la coiffure.

Lancement progressif sur le segment sélectif

Lancée il y a seulement quelques semaines sur son site, Sorre privilégie dans un premier temps un modèle DTC lui permettant de déployer librement son discours éducatif. Le développement devrait ensuite passer par une distribution sélective, auprès des salons de coiffure experts, des facialistes et d’autres professionnels capables d’accompagner les consommateurs dans cette nouvelle approche.

La marque est fabriquée en Provence, avec des formules majoritairement d’origine naturelle, véganes et développées sans ingrédients controversés, avec des prix de vente compris entre 38 et 67 euros.

Dans un marché capillaire où les innovations de rupture restent peu nombreuses, les deux fondatrices estiment que le cuir chevelu constitue aujourd’hui l’un des grands territoires d’innovation de la beauté. Une conviction qui pourrait bien faire du headcare une nouvelle catégorie.