Après le manga japonais, la beauté coréenne : le musée des arts asiatiques Guimet décrypte jusqu’au 6 juillet les recettes de la "K-beauty" qui, entre esthétisme traditionnel et masques au collagène, séduit le monde depuis une décennie.
"Qu’est-ce qu’être belle ou beau en Corée du Sud ?", s’interroge l’institution parisienne qui, depuis quelques temps, dépoussière un peu son image policée en proposant des expositions ancrées dans les enjeux de l’Asie d’aujourd’hui. Guimet a ainsi attiré cet hiver un large public, dont de nombreux adolescents, avec "Manga, tout un art", sur toutes les facettes de la BD japonaise.
Avec "K-Beauty", le musée se penche sur l’immense succès du "hallyu", cette "vague" de la culture sud-coréenne qui se diffuse partout, en particulier avec la "K-pop", dont le groupe emblématique BTS effectue son grand retour samedi avec le début à Séoul d’une tournée mondiale. Après le "K-drama" (séries), le "K-cinema", la "K-Food" (cuisine), la "K-Beauty" a conquis de nombreux marchés dans le monde, renforçant ainsi le soft-power de la Corée du Sud.
Le musée Guimet plonge aux sources de son succès en exposant des peintures, des photos, des publicités, des robes et des accessoires de l’art de la cosmétique et du soin dont certains remontent au XVIIIe siècle.
Inspirée par un néoconfucianisme strict, la beauté coïncidait alors "avec une esthétique de la retenue : un teint clair, des cheveux soignés, des vêtements sobres", explique à la presse Claire Trinquet-Soléry, co-commissaire de l’exposition.
Ces codes évoluent au XXe siècle sous les influences étrangères, notamment occidentales, avant de mêler avec succès références traditionnelles et technologies contemporaines, en particulier dans les crèmes et traitements cosmétiques.
"Derrière l’image lisse des canons coréens existe une réalité souvent contraignante : régimes alimentaires, peau parfaite, ou actes chirurgicaux banalisés, perçus comme une forme de validation sociale", soulignent les commissaires de l’exposition.
"K-Beauty" fait partie du vaste programme culturel d’expositions, de spectacles et de concerts organisés en France pour les 140 ans des relations diplomatiques entre la France et la Corée du Sud.
Le musée Guimet proposera à partir du 20 mai une exposition sur le royaume de Silla (57 avant JC - 935 après JC), "l’une des civilisations les plus brillantes de l’Asie de l’Est". Le Centre culturel coréen expose jusqu’en septembre les "Couleurs de Corée. Lumière sur l’art contemporain coréen".

























