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Réglementations

« Nous voulons des règles claires, rigoureuses, et harmonisées, pour les cosmétiques naturels, » Julie Tyrrell, NATRUE

A l’occasion de Vivaness, le salon leader pour les cosmétiques et le bien-être naturels, qui s’est tenu la semaine dernière (16-19 février) à Nuremberg, en Allemagne, Premium Beauty News rencontré Julie Tyrrell, Directeur général de NATRUE.

Premium Beauty News - En quelques années seulement, NATRUE a réussi à devenir un des principaux labels pour les cosmétiques naturels et biologiques en Europe.

Julie Tyrrell - Tout d’abord, lorsque NATRUE a été créé - en 2007 - l’intention n’était pas d’aboutir à un label pour cosmétiques naturels et biologiques. Les fabricants européens qui se sont associés pour créer NATRUE avaient encouragé les discussions qui ont conduit à la norme Cosmos [1], mais ils n’ont pas été satisfaits par le résultat. À cette époque, la directive européenne sur les cosmétiques était entrée dans le processus de simplification qui a finalement donné naissance au nouveau règlement [2]. Nous pensions qu’il serait possible d’insérer dans ce texte des dispositions sur les cosmétiques naturels et biologiques. Cependant, quand j’ai ouvert le secrétariat NATRUE, en 2008, il était déjà trop tard.

Les membres fondateurs de NATRUE ont été des pionniers en Europe dans le domaine des cosmétiques naturels. Des entreprises comme Weleda et Dr Hauschka, par exemple, sont sur ce marché depuis 90 ans ! Ils ont toujours milité en faveur de normes internationales - et non pas nationales - et de critères rigoureux et transparents. Ils veulent que les normes sur les produits cosmétiques naturels et biologiques suivent les besoins des consommateurs, pas qu’elles soient quelque chose que l’industrie plaque sur une tendance.

Julie Tyrrell, NATRUE

Julie Tyrrell, NATRUE

Premium Beauty News - NATRUE et NSF International ont récemment fait part d’un partenariat pour développer la première norme américaine sur les cosmétiques naturels.

Julie Tyrrell - Cette initiative n’est pas nouvelle pour NATRUE. Aujourd’hui, le marché des cosmétiques naturels et biologiques est international et de nombreux acteurs de ce marché sont internationaux, eux aussi.

Dès sa création, NATRUE a engagé des discussions avec ses homologues aux États-Unis. En Janvier 2009, une délégation de NATRUE s’est rendue aux États-Unis pour s’entretenir avec la Natural Products Association (NPA) et avec NSF International dans le but de coopérer pour porter les valeurs de l’industrie au niveau transatlantique. Malheureusement, depuis ce moment, la NPA nous maintient dans l’expectative en raison de d’interrogations qui demeurent sans réponse sur le plan des ingrédients et du processus de certification. En ce qui concerne NATRUE, les choses sont claires. L’harmonisation nécessite un accord sur des critères communs, mais aussi sur des procédures de certification transparentes. Malgré nos visites aux États-Unis et un nombre important de télé-conférences, nous n’avons pas été en mesure d’éclaircir ces questions.

Alors, en parallèle, nous avons conclu avec NSF International un accord de reconnaissance mutuelle entre le NSF 305 et le référentiel NATRUE Niveau 2 [3]. Et récemment, nous avons signé un protocole d’entente pour l’utilisation du référentiel NATRUE Niveau 1 (cosmétiques naturels) comme base pour une norme ANSI (American International Standards Institute). En effet, le référentiel NPA existant n’est pas reconnu par l’ANSI, il s’agit d’une norme privée. Ce que NATRUE veut ce n’est pas une norme à tout prix, mais des critères stricts et harmonisés au niveau international, des critères auxquels les consommateurs peuvent faire confiance.

ANSI, qui est le représentant officiel de l’ISO aux États-Unis, exige que les normes américaines soient élaborées dans le cadre d’un processus transparent et ouvert, avec la représentation de toutes les parties prenantes. C’est ce que nous recherchons aussi : critères de transparence plus stricts, certification indépendante, processus ouvert, et harmonisation.

Premium Beauty News - Au sujet de l’accord de coopération entre NATRUE et NSF en vue d’une nouvelle norme, la NPA a dit qu’il ne rendrait « aucun service aux consommateurs de produits naturels, aux détaillants, ou aux fabricants. » [4]

Julie Tyrrell - La future norme ANSI diffèrera de celle de la NPA puisqu’il ne s’agira pas d’un référentiel privé mais d’une norme américaine officielle. La NPA a été invitée à participer à ce processus, et l’est toujours, l’idée de départ était bien de travailler avec eux.

Étant donné l’impossibilité de faire le moindre progrès avec la NPA, nous les avons informés avant Noël que nous allions aller de l’avant, de toute façon, parce que nous voulons une norme ANSI apportant de la clarté aux consommateurs et une meilleure harmonisation internationale. La NPA est toujours la bienvenue si elle souhaite se joindre au processus.

En fait, nous sommes quelque peu frustrés par la NPA et par son comportement.

Premium Beauty News - Ce partenariat entre NATRUE et NSF est-il indépendant de considérations économiques ?

Julie Tyrrell - Il n’y a absolument aucun intérêt financier direct dans cette collaboration. NATRUE est à 100% une organisation à but non lucratif, et il n’y a aucun intérêt financier pour NATRUE dans ce partenariat ! NATRUE est une organisation fondée sur l’adhésion volontaire, et nous sommes également financés par les frais administratifs perçus pour chaque produit qui est homologué selon un des trois niveaux du référentiel NATRUE. [5]

Premium Beauty News - Comment assurez- vous la transparence ?

Julie Tyrrell - Notre site internet est un outil de transparence important. Chaque produit certifié NATRUE jouit d’une page web qui lui est entièrement dédiée, avec son nom, son niveau de certification, ce qui le rend spécial, des informations sur les sociétés qui se trouvent derrière un produit, etc. Dans la pratique, sur le point de vente, c’est-à-dire là où ça compte vraiment, les consommateurs peuvent simplement utiliser leurs téléphones mobiles pour scanner le flashcode qui se trouve sur les produits certifiés NATRUE, ou bien entrer dans un navigateur web l’URL courte correspondante, et ainsi obtenir toutes ces informations détaillées.

Le flashcode est déjà largement répandu en Asie et son utilisation devient de plus en plus courante en Europe. Nous sommes à la pointe de cette innovation. Pour nous, le lieu de vente est le lieu d’une expérience, où les produits doivent « parler » aux consommateurs, dire ce qu’ils contiennent ou pas, etc.

Le flashcode est vraiment une excellente opportunité pour les fabricants de cosmétiques naturels parce qu’ils ont beaucoup de choses à dire sur leurs produits.

Premium Beauty News - Quels seront les avantages de la coopération entre NATRUE et NSF ?

Julie Tyrrell - Le tout premier bénéfice de l’harmonisation des normes c’est la clarté pour les consommateurs. En ce qui concerne les fabricants, notre objectif est de réduire le coût de la certification. Nous essayons de travailler avec des organismes de certification communs pour les deux normes. Dans la pratique, cela signifie par exemple un seul audit d’usine au lieu de deux. C’est vraiment important dans une industrie où il y a beaucoup de petites entreprises. Il ne faut pas oublier non plus que les certifications multiples impactent aussi le coût final des produits pour les consommateurs, l’harmonisation est donc également positive de ce point de vue, c’est donc une situation gagnant-gagnant.

Premium Beauty News - Qu’en est-il de l’évolution du marché des cosmétiques naturels ?

Julie Tyrrell - À mon avis, le plus grand danger c’est le green-washing et la dilution des normes. Un an après le lancement de NATRUE nous avons commandé une étude qui a montré que les consommateurs ont perdu confiance dans l’industrie. Je pense que, le danger est que les entreprises d’inspiration naturelle cherchent la solution la plus simple au lieu de vraiment travailler à fournir des produits naturels et biologiques de haute qualité.

Premium Beauty News - Et à propos des perspectives d’harmonisation internationale ?

Julie Tyrrell - Je suis tout à fait positive à ce sujet. Compte tenu des discussions que nous menons au niveau mondial, je suis sûre que c’est possible. NATRUE est là pour veiller à ce que la définition des cosmétiques naturels repose toujours sur des critères rigoureux, et le partenariat avec la NSF est une étape dans cette direction. Et il y a d’autres initiatives en cours.

Propos recueillis par le Dr Kerstin Lötzerich-Bernhard, Article édité par Vincent Gallon

Notes

[1] La création, en 2003, d’un groupe de travail entre six organisations nationales (EcoCert, Soil Association, etc) pour l’harmonisation de leurs règles a abouti, fin 2009, à la publication de la norme Cosmos

[2] Règlement (CE) n° 1223/2009 du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 sur les produits cosmétiques

[3] Le label NATRUE compte trois niveaux : « Cosmétiques Naturels », « Cosmétiques naturels avec une part biologique », et « Cosmétiques biologiques »

[4] John Gay, Président de la NPA, a déclaré : «  La NPA cherche à aider les consommateurs, pas à les embrouiller. Un second label, avec un référentiel différent ne rend pas service aux consommateurs de produits naturels, aux détaillants, ou aux fabricants. »

[5] Les dépenses découlant du programme de gestion du label NATRUE sont financés par par des frais de gestion payés par les utilisateurs. Il n’est pas nécessaire d’être membre de NATRUE pour certifier les produits par rapport à NATRUE - la règle est que 75% des produits dans une même ligne doivent être conformes aux critères pour éviter l’éco-blanchiment.

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