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Cosmétiques naturels et biologiques : quelles perspectives d’harmonisation ?

Alors que la guerre des certifications fait rage, Premium Beauty News a interrogé Laurence Mulon, consultante et experte indépendante en matière de cosmétiques naturels, sur les perspectives d’harmonisation dans ce domaine.

Premium Beauty News - Où en sommes-nous des tentatives d’harmonisation des définitions des cosmétiques naturels et biologiques ?

Laurence Mulon

Laurence Mulon


Laurence Mulon - Au niveau européen, une première étape a été franchie avec l’association COSMOS-standard AISBL qui, le 16 février, a annoncé le démarrage des certifications « Cosmos-natural » et « Cosmos biological ». Cinq organismes certificateurs sont actuellement habilités à certifier selon le Cosmos standard : BDIH, EcoCertGreenlife, ICEA, Qualité France, Soil Association Certification Ldt. Une procédure d’homologation sera bientôt disponible pour les nouveaux organismes certificateurs. Mais il n’y aura pas de logo unique pour l’instant, simplement une signature commune.

De son côté le label NaTrue, créé par des industriels allemands se développe aux États-Unis en négociant des accords de reconnaissance mutuelle avec NSF/ANSI.

Premium Beauty News – Les pouvoirs publics ne tentent-ils pas de clarifier les choses ?

Laurence Mulon - Les cosmétiques naturels et biologiques sont sous les projecteurs de la Commission européenne qui a initié la création de deux groupes de travail : l’un au niveau du CEN [1] pour la normalisation des méthodes, et l’autre au niveau de la DG SANCO [2], le sous groupe « Cosmetic claims » pour l’encadrement des revendications. Ce dernier groupe a cependant décidé en février 2011 d’attendre les recommandations du groupe de travail ISO sur la terminologie des cosmétiques naturels et biologiques avant de produire ses propres recommandations pour cette catégorie.

Premium Beauty News – L’ISO s’intéresse donc aussi à ce sujet ?

Laurence Mulon - Oui, depuis 2009, sous l’impulsion du Colipa, l’association européenne des industriels de la cosmétique. En pratique, c’est un groupe de travail sur la terminologie (WG n°4 Terminology) du comité technique sur les cosmétiques [3] qui tente de définir les cosmétiques naturels et biologiques.

Ce groupe de travail bénéficie d’une large audience internationale, car de nombreux pays ont une approche des cosmétiques naturels liée à leur usages traditionnels mais peu de pays ont développé leurs propres référentiels.

Le groupe s’est réuni deux fois en 2010, en juin et en octobre. Le projet de définitions présenté par le Colipa a été commenté par l’ensemble des parties. Un point a fait l’unanimité : la future norme ne concernera ni l’étiquetage et ni les revendications des produits.

Ce premier projet largement inspiré des démarches occidentales devra intégrer les approches traditionnelles d’utilisations des plantes et des extraits naturels dans les cosmétiques, notamment le point de vue de l’Inde. D’autre part, les participants devront s’entendre sur les méthodes de calcul des extraits et sur le statut de l’eau.

Premium Beauty News - Tout cela est-il de nature à clarifier les choses pour les consommateurs ?

Laurence Mulon - La clarification attendue par les consommateurs n’est pas pour tout de suite.

Au niveau européen, le nouveau standard Cosmos, qui regroupe les principaux labels européens, propose une période de transition durant laquelle il y aura coexistence sur le marché européen de produits certifiés selon les référentiels nationaux, le référentiel Cosmos, et le label NaTrue.

La norme ISO n’est pas attendue avant 2013. Quelle sera alors la situation ? Cosmos se sera-t-il imposé ? Le label NaTrue aura-t-il séduit d’autres continents ? Ou bien les démarches nationales de chaque pays seront-elles privilégiées ?

Les fabricants devront faire des choix stratégiques en fonction de leurs marchés, non seulement dans le choix du référentiel mais également dans le choix de l’organisme certificateur.

Sans compter que de nouveaux labels apparaissent.Certains revendiquent vont plus loin que la seule démarche environnementale en lui adjoignant une dimension éthique, tels par exemple : Bio équitable, ESR, « Main dans la main », ou bien une démarche environnementale axée sur la biodiversité, c’est le cas de « Forest Garden Product ».

Voir en ligne : www.mulon-conseil.fr

Propos recueillis par Vincent Gallon

Notes

[1] TC392 du CEN (Comité européen de normalisation)

[2] Direction générale Santé et Consommateurs

[3] TC217

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