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Environnement

Biodiversité : Mesurer les actions et sensibiliser les consommateurs

Pour la deuxième édition de ses « Universités des Abeilles », le 5 juin dernier à Paris, la Maison Guerlain s’est penchée sur les enjeux et solutions en matière de protection de la biodiversité, et notamment pour la protection des abeilles, l’emblème de la marque. La table ronde « L’Entreprise Actrice : Ces entreprises qui s’engagent pour la biodiversité » a permis de faire le point sur un certain nombre de bonnes pratiques.

Pour évoquer ces initiatives, Laurent Boillot, Président directeur général de Guerlain et Sandrine Sommer, directrice du développement durable de la maison, ont réuni Stéphane d’Halluin, Responsable développement durable et relations extérieures de la société Botanic, Karine Viel, Directrice développement durable/RSE chez Monoprix, Cécile Joucan, Responsable filières au sien de la Direction environnement de LVMH.

L’importance des outils de mesure

Chacun des intervenants a souhaité souligner le caractère volontaire de cet engagement, né d’une nécessité propre à son entreprise. « Pour la maison Guerlain, prendre soin de la biodiversité relève de l’évidence. Sans abeille, pas de fleurs, et sans fleurs, pas de parfum, » souligne ainsi Sandrine Sommer.

Dès sa prise de fonction, Laurent Boillot a donc mis en place une stratégie d’entreprise reposant sur quatre axes : le climat, l’écoconception, la biodiversité, et l’impact social et sociétal. La marque utilise des outils de mesure pour évaluer l’impact de ses actions, telles que la réduction du packaging avec la mise en place d’un flacon ressourçable, ou encore la livraison des produits à l’aide d’un camion 100% électrique, nommé fort à propos “Le Bourdon”.

En matière de développement durable, le recours aux outils de mesure et de traçabilité tend d’ailleurs à se généraliser au sein du groupe LVMH. Dans le cadre de démarches d’écoconception cela permet de valider la pertinence du choix de matières, telles que le coton biologique. Ou de s’assurer de la provenance de certaines matières.

Chez Botanic, le quatrième réseau de jardineries de France, l’engagement se traduit par le souci de la traçabilité. Pour un meilleur contrôle de ses approvisionnements, l’entreprise a ainsi fait le choix de recourir de préférence aux fournisseurs français pour ses produits d’horticulture. Une volonté née il y a une dizaine d’années à la suite d’une alerte par une ONG quant aux dangers de certains pesticides présents dans sa gamme. Dès lors, grâce au soutien de la structure familiale de l’entreprise, Botanic s’est converti au naturel, malgré une perte de chiffre d’affaires conséquente dans les premiers temps. Là encore, on retrouve l’emploi d’outils de mesure pour évaluer l’impact des produits de la marque, qui adhère en outre au label Plante Bleue.

Chez Monoprix, l’engagement pour la biodiversité se concentre essentiellement sur l’alimentaire, dont le bio représente environ 9% des ventes. À travers des partis-pris tels que le choice editing, qui consiste à ne plus distribuer les produits « douteux ». À l’image des oeufs de poules élevées en batterie que Monoprix ne référence plus depuis 2016. Mais aussi par la valorisation des fournisseurs qui s’engagent dans le programme Cultiv’acteurs ou auprès du label Bee Friendly.

Sensibiliser le consommateur

Côté communication, la maison Guerlain privilégie une approche didactique en sensibilisant ses clients en boutique à son engagement environnemental. « Puisqu’on leur explique pourquoi l’on choisit tel ou tel ingrédient pour nos produits et comment nous le cultivons, à l’image du miel d’Ouessant par exemple », explique Sandrine Sommer.

Même démarche chez Botanic. « Lorsque nous avons revu notre charte et notre gamme, nous avons d’abord perdu quelques clients, mécontents de ne plus retrouver certains produits. Nous avons donc mis l’accent sur la formation de nos équipes de vente pour mieux expliquer au consommateur notre démarche, » raconte Stéphane d’Halluin.

Chez Monoprix, on considère que cette question ne se pose pas vraiment, puisque le consommateur est de plus en plus soucieux de ce qu’il trouve dans son assiette. Il s’agira peut-être plus de sensibiliser le client à l’aspect technique de la production.

Enrichir le dialogue entre expertise scientifique, sociale ou issue des entreprises est donc essentiel aujourd’hui pour préserver notre biodiversité, tout comme il est fondamental de communiquer sur le sujet. L’abeille est un symbole fort, car elle est le parapluie de notre écosystème en quelque sorte, à travers elle, c’est aussi nous que nous protégeons.

Sophie Normand

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