Pompes : le pari de l’innovation
Plus que jamais, les principaux producteurs de pompes pour la parfumerie et la cosmétique sont dans une dynamique d’innovations. À vrai dire, ils n’ont pas vraiment le choix : sur ce sujet, la demande des marques est insatiable. Principal souci, néanmoins, « rentabiliser » cette innovation au moment où « l’optimisation des coûts » pousse toujours le marché client à « demander plus » en « payant moins ». Une équation qu’il n’est pas toujours facile de résoudre quand la conjoncture économique n’est pas au mieux et à l’heure de l’adaptation nécessaire aux contraintes environnementales. Enquête auprès de quelques ténors de l’industrie….
Premium Beauty News a interrogé plusieurs fabricants sur l’état du marché au premier semestre de l’année 2008 et sur leur votre vision pour les six prochains mois. Les réponses des uns et des autres ont plutôt tendance à converger.
Évolution du marché : les analyses convergent
Hervé Bichon (Rexam)
Patrick Bousquel (Valois)
Yannick Brunat (Pfeiffer)
Enfin pour Gérard Perrin, MeadWestvaco Calmar, « comme la santé de l’économie devient un problème mondial, l’efficacité financière devient la préoccupation numéro un de tout le monde dans toutes les industries ».
L’innovation comme solution
Pour la plupart des acteurs du marché la panoplie de solutions est centrée autour d’un souci essentiel : l’innovation.
Pour Hervé Bichon, Rexam : « L’innovation fait partie intégrante de la stratégie de Rexam Dispensing Systems. Nous avons développé un programme d’innovation sur chacun de nos segments. La nouvelle pompe parfum XD11 a été lancée avec succès en début d’année. Nous avons également démarré la production de notre dernière née sur le segment du soin ; la pompe neutre Néa. Enfin, Ezi foamer, une pompe permettant de distribuer des mousses en continu, a vu le jour cette année. »
Christophe Staelen (Valois)
Guerlain Homme
Chez Pfeiffer, l’innovation reste également au coeur de la stratégie : « Chez Pfeiffer nous avons innové, avec succès, sur les systèmes de distribution pour les marchés cosmétiques et pharmaceutiques durant plus de 60 ans, » précise Yannick Brunat. « À ce niveau, l’innovation consiste à développer des solutions de distribution intelligentes qui répondent aux besoins des formulations les plus exigeantes. Notre dernière cartouche ‘alpha-Technology’ permet ainsi l’acheminement du produit sans contact métallique, protégeant ainsi son intégrité. Notre système ‘Irresistible’ distribue en toute sécurité des substances sensibles sans ou à faible teneur en conservateurs. L’innovation, c’est offrir des pièces qui contribuent à une plus grande liberté de manoeuvre pour nos clients. Innover signifie aussi d’aller sur la voie ‘environnementale’ en équilibrant les besoins des marchés haute gamme avec les besoins de durabilité. L’innovation c’est donc l’engagement de donner satisfaction à travers de nouvelles technologies ou de nouveaux gestes. Innovation signifie aussi être dans un contexte de proximité avec tous les membres de notre communauté, les clients et les consommateurs, les concepteurs, les commerçants, les concepteurs de formules et les fournisseurs. Nous ne parlons pas ici d’un simple embellissement mais de la base même de notre entreprise. »
Quant à Gérard Perrin, MeadWestvaco Calmar, son opinion est sans détour : « L’emballage est une composante essentielle du mix marketing de nos clients et l’innovation est la clef permettant d’apporter de la valeur ajoutée sur le marché. »
Et l’environnement au milieu de tout cela ?
Pas si simple pour ces industriels qui fabriquent des systèmes sophistiqués constitués de nombreuses petites pièces assemblées les unes avec les autres, de s’adapter aux nouvelles contraintes environnementales.
Pompe Evolux, Valois
« Chez Rexam, explique Hervé Bichon, nous travaillons principalement sur l’optimisation des nouvelles pompes au niveau de la conception (réduction du nombre de composants, de matières utilisées, diminution du poids, et enfin recyclabilité). »
Quant à Pfeiffer, « C’est un fait indéniable que les considérations environnementales sont devenues devenu un élément à part entière du mix marketing, insiste Yannick Brunat, et non pas juste quelque chose de tendance qu’il faudrait prendre en compte. Personne n’est épargné, chaque société, du marché grand public au marché haut de gamme est concernée par une gestion respectueuse de l’environnement. Néanmoins le sujet est complexe et l’impact énorme. Il y a tellement de façons d’y faire face. Nous sommes dans une période de regroupement d’informations pour prendre les décisions justes. Mais d’une certaine manière nous ne pouvons pas nier nos racines allemandes ; nous n’avons pas attendu de législation ou de pression du marché pour commencer en termes de gestion de sources et de matériaux. Durant 10 ans, nous avons travaillé avec le sentiment qu’il était de notre responsabilité de respecter l’environnement. Actuellement nous respectons les exigences légales, même au-delà (notamment en ce qui concerne les métaux lourds, l’élimination des substances dangereuses, la pollution ou la gestion des déchets.) Nous nous efforçons également de développer des systèmes de distribution en optimisant constamment notre consommation de matériaux et les coûts de transports tout autant que nous le pouvons en gardant les plus hautes normes de qualité. »
Enfin, Gérard Perrin, pour MeadWestvaco Calmar, insiste sur le fait que « La durabilité fait partie de l’ADN de MeadWestvaco .Nous améliorons constamment nos processus et nos produits en gardant le cap de la durabilté ».
Des pompes toujours plus petites ?
Cela reste une tendance de fond : arriver à produire la pompe la plus petite… Celle qui se voit le moins et qui a « toutes les qualités d’une grande ! ».
« C’est en effet l’éternelle question, souligne Hervé Bichon. La dernière née de Rexam, la XD11 garantit un confort d’utilisation et un spray performant tout en apportant une miniuratisation et une discrétion optimales. Mais il est néanmoins possible que de futures technologies permettent d’apporter des solutions différentes aux pompes actuelles ».
Pour l’équipe de Valois, « il est clair qu’un designer est content lorsque la technologie s’efface derrière le style. Donc l’intégration d’une pompe parfumerie dans une idée de packaging, le respect de la maquette ou la possibilité de faire un flacon verre inspiré et unique rend souvent les très petites pompes parfumerie indispensables, aussi bien à l’intérieur du flacon qu’à l’extérieur ! Du moment qu’elle reste ergonomique, on en a certainement pas fini avec cela ».
Pour Yannick Brunat, de Pfeiffer, « On s’aperçoit que, au cours des dernières années, au moins pour le secteur des parfums, les dimensions de la pompe ont considérablement diminué pour atteindre plus ou moins sa taille la plus petite. La tendance actuelle du marché (pensez à la population toujours vieillissante) est plutôt de chercher une optimisation de la fonctionnalité, pour rendre le système de distribution plus doux et plus performant. Sur ce point, nous devons différencier les besoins du marché de la parfumerie et des cosmétiques. Pour les produits cosmétiques, nous sentons que nous devons mettre l’accent sur des facteurs primordiaux comme la douceur, les volumes pour les hautes doses et les codes du design (ancrage d’une identité forte pour les marques de soin de la peau). Les concepts comme Metropolitan ou Cremosa ont été créés à ces fins. »

